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Ebola en Ituri : Le ministre Kamba coupe court - "Trop tôt pour parler de guérisons"
By GéantRadio
Published on 29/05/2026 06:34
SANTÉ

Ce jeudi 28 mai 2026, la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, a accueilli le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba. Son déplacement intervient dans un contexte de vigilance accrue après la notification de cas suspects de fièvre hémorragique à virus Ebola dans plusieurs zones de santé de la province.  

Dès sa descente d’avion, le ministre a été approché par la presse locale. Les journalistes souhaitaient connaître l’état d’avancement de la riposte et, surtout, le nombre de patients déclarés guéris depuis le début de l’alerte.    

Face à ces interrogations, le Dr Samuel Roger Kamba a choisi la prudence scientifique. Il a clairement indiqué qu’à ce stade de la prise en charge, il n’était pas possible de communiquer sur les guérisons. « À ce stade, on ne pouvait pas encore faire de commentaires sur les guérisons », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’attendre la confirmation biologique des tests de contrôle.  

Cette position s’aligne sur les protocoles de l’Organisation mondiale de la Santé. Toute annonce de guérison doit reposer sur deux tests PCR négatifs réalisés à 48 heures d’intervalle, après la disparition complète des symptômes. Le ministre a rappelé que communiquer des chiffres non consolidés reviendrait à désinformer la population et à fragiliser la confiance envers le système de santé.  

Au-delà de la déclaration médiatique, l’objectif principal de la mission ministérielle est opérationnel. Le Dr Kamba doit passer en revue l’ensemble du dispositif mis en place par le gouvernement central, avec l’appui des partenaires techniques et financiers.  

Les points d’attention sont multiples : disponibilité des équipements de protection individuelle pour le personnel soignant, fonctionnalité des laboratoires mobiles, capacité d’isolement des centres de traitement Ebola, et efficacité de la chaîne de vaccination en anneau autour des cas confirmés. Le ministre doit également s’assurer que les intrants médicaux essentiels, notamment les sérums et les médicaments de soins de support, sont disponibles en quantité suffisante.  

Conscient que la lutte contre Ebola passe avant tout par l’adhésion des populations, le ministre a insisté sur la dimension communautaire de la riposte. Il a appelé les relais communautaires, les leaders religieux et les autorités coutumières à intensifier les messages de prévention.  

Les gestes barrières restent au centre de la stratégie : lavage régulier des mains à l’eau et au savon ou avec du gel hydroalcoolique, évitement des contacts physiques avec les malades, et signalement immédiat de tout cas de fièvre, vomissements ou diarrhée sanglante aux structures sanitaires les plus proches.  

Le Dr Kamba a également rappelé les règles d’inhumation dignes mais sécurisées. Les pratiques funéraires traditionnelles impliquant la toilette mortuaire des défunts constituent un facteur majeur de transmission du virus. L’accompagnement psychosocial des familles endeuillées est donc une composante essentielle de la réponse.  

La province de l’Ituri partage une longue frontière avec l’Ouganda, pays régulièrement touché par des épidémies d’Ebola. Cette situation géographique impose une surveillance épidémiologique renforcée aux points d’entrée officiels et non officiels.  

Les équipes de surveillance aux frontières ont reçu pour instruction de dépister systématiquement toute personne présentant des signes évocateurs et de placer en observation les voyageurs en provenance des zones à risque. Le ministre a salué le travail des agents de santé frontaliers, souvent en première ligne et dans des conditions difficiles.  

En conclusion de son bref échange avec la presse, le Dr Samuel Roger Kamba a lancé un appel au calme. Il a demandé à la population de Bunia et de l’ensemble de l’Ituri de ne pas céder à la panique ni aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux.  

Le gouvernement, a-t-il assuré, est pleinement mobilisé et ne ménagera aucun effort pour protéger la santé des Congolais. La transparence dans la communication sera garantie, mais uniquement sur la base de données validées scientifiquement.  

La délégation ministérielle doit poursuivre sa mission dans les jours à venir par des visites de terrain dans les centres de traitement et des séances de travail avec les autorités provinciales et les partenaires de santé. Le prochain point de presse officiel est attendu une fois que les résultats de laboratoire permettront de dresser un bilan fiable de la situation épidémiologique.

Biobe Mugheni 

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