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Révision constitutionnelle : l’UDPS refuse le piège du 22 juillet, Mbata persiste depuis Yaoundé
By GéantRadio
Published on 15/07/2026 19:40
POLITIQUE

La cohésion au sein de l’Union sacrée de la Nation semble mise à rude épreuve. À quelques jours de la date du 22 juillet, deux signaux contradictoires émanant de la plateforme majoritaire révèlent un désaccord ouvert entre ses principaux animateurs, sur fond de mobilisation de l’opposition.

Le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, a lancé un appel à une mobilisation générale de l’ensemble des partis, organisations et associations membres de la plateforme. L’objectif affiché : soutenir le projet de changement de la Constitution. 

Depuis Yaoundé où il effectue un séjour, M. Mbata a réitéré sa consigne. Il invite les structures de l’USN à se conformer aux orientations officielles de la plateforme et à descendre massivement le 22 juillet prochain.

Cette initiative ne fait toutefois pas l’unanimité au sein même de la majorité.

Interrogé sur Top Congo FM, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS et président ad interim du parti présidentiel, a clairement marqué sa désapprobation. Pour lui, l’UDPS ne saurait "tomber dans ce piège". 

Son argument est simple : l’opposition a déjà programmé une marche à cette même date. L’objectif des opposants est d’exiger la démission du président de la République et de réaffirmer leur rejet de toute révision constitutionnelle. Organiser une contre-mobilisation le même jour reviendrait, selon lui, à entretenir la confusion et à offrir un prétexte à la contestation.

La position publique de M. Kabuya met donc en lumière un désaccord direct avec André Mbata, au moment où l’USN aurait besoin d’afficher un front uni.

Le calendrier politique du 22 juillet s’annonce chargé. D’un côté, l’appel de l’Union sacrée à soutenir le changement constitutionnel. De l’autre, la marche annoncée par l’opposition pour dire non à toute révision et réclamer le départ du chef de l’État.

Cette superposition de manifestations risque de cristalliser les tensions dans la rue et d’offrir une lecture de bras de fer politique entre majorité et opposition.

Au-delà du désaccord Kabuya-Mbata, des analystes politiques avancent une autre grille de lecture. Certains estiment que le secrétaire permanent de l’USN, ancien membre de l’Union pour la Nation Congolaise, jouerait un rôle visant à fragiliser le pouvoir de l’intérieur. 

Pour ces observateurs, l’appel à la mobilisation, lancé sans l’aval du parti présidentiel, pourrait être interprété comme une manœuvre de déstabilisation plutôt que comme une démonstration de force de la majorité.

Cette hypothèse alimente les débats dans les milieux politiques kinois, alors que l’USN traverse une période marquée par des positionnements de plus en plus divergents sur des sujets stratégiques.

La question centrale reste désormais la portée réelle de l’appel d’André Mbata. Sera-t-il suivi par les différentes composantes de l’Union sacrée ? 

Plusieurs partis et regroupements membres de la plateforme n’ont pas encore communiqué officiellement. D’autres, proches de la présidence, semblent alignés sur la prudence recommandée par l’UDPS. 

Le test du 22 juillet sera donc aussi un test d’autorité pour le secrétariat permanent de l’USN. Il dira si les orientations données par M. Mbata suffisent encore à fédérer, ou si chaque famille politique de la majorité préfère désormais définir sa propre ligne.

Cette crise d’affichage intervient dans un contexte où le débat sur une éventuelle révision de la Constitution occupe déjà l’espace public. Le sujet divise la classe politique et la société civile, et chaque prise de position est scrutée.

Pour l’UDPS, éviter l’affrontement direct dans la rue semble être la priorité. Pour le secrétariat permanent de l’USN, montrer que la plateforme est capable de mobiliser en faveur des réformes institutionnelles apparaît comme une nécessité.

Entre ces deux logiques, l’Union sacrée devra trancher. Soit elle parvient à recoller les morceaux et à parler d’une seule voix, soit elle laisse s’installer l’image d’une majorité fragmentée à l’approche d’échéances politiques sensibles.

En attendant, toutes les attentions sont tournées vers le 22 juillet. Cette journée s’annonce comme un révélateur : de l’état de santé de l’Union sacrée, de la capacité de l’opposition à mobiliser, et de la manière dont le pouvoir gère les contradictions en son sein.

Yves Sayo 

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