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Tshisekedi veut industrialiser l’eau : fini les tuyaux importés, place au "Made in Africa"
By GéantRadio
Published on 15/07/2026 18:21
POLITIQUE

Intervenant ce mercredi 15 juillet 2026 à N’Djamena, à l’ouverture du « Forum africain de l’eau », le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a placé la gestion de l’eau au cœur des priorités de développement du continent. 

Devant les chefs d’État, experts et partenaires techniques réunis au Tchad, le Chef de l’État congolais a livré une feuille de route en cinq orientations pour répondre à la crise croissante de l’accès à l’eau et aux défis du changement climatique.

Première proposition : en finir avec le cloisonnement sectoriel. Pour le Président Tshisekedi, il n’est plus possible de traiter l’eau indépendamment des autres secteurs vitaux.

« Nous devons cesser de concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme, l’environnement et les infrastructures », a-t-il insisté. 

Selon lui, les politiques publiques doivent désormais être pensées à l’échelle des bassins versants, des territoires, des villes et des systèmes économiques. Cette approche intégrée vise à éviter les doublons, à optimiser les investissements et à garantir une meilleure cohérence entre les projets.

Deuxième axe : bâtir des institutions fortes. Le Président a plaidé pour une gouvernance de l’eau plus performante, adossée à des structures capables d’assurer une gestion rigoureuse des infrastructures hydriques.

Cela passe, a-t-il expliqué, par une meilleure redevabilité des gestionnaires, une transparence accrue dans l’allocation des ressources et un suivi-évaluation régulier des projets. L’objectif est de restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs dans la capacité des États à gérer durablement leurs ressources en eau.

Troisième orientation : professionnaliser la préparation des projets. Le Chef de l’État a appelé les gouvernements africains à présenter des projets techniquement mûrs et financièrement structurés.

Cette démarche, selon lui, est indispensable pour lever les freins à l’investissement et attirer davantage de financements publics et privés. L’enjeu est de passer d’une logique de promesses à une logique de projets concrets, chiffrés et rentables, capables de séduire les bailleurs internationaux.

Quatrième levier : l’argent. Félix Tshisekedi a invité à une mobilisation massive des ressources. Il a cité trois sources complémentaires : les budgets publics, le secteur privé et les partenaires internationaux.

Pour le Président, aucun État africain ne pourra relever seul le défi de l’accès universel à l’eau. Une alliance entre États, entreprises et institutions financières est donc nécessaire pour combler le déficit d’investissements estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Cinquième proposition : transformer l’eau en opportunité économique. Le Chef de l’État a appelé à développer sur le continent toute une chaîne industrielle liée au secteur de l’eau.

« Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il déclaré. 

Pour lui, il s’agit de créer des emplois, de réduire la dépendance aux importations et de faire de l’eau un véritable levier d’industrialisation et de souveraineté technologique africaine.

Profitant de la tribune, le Président Tshisekedi a présenté le potentiel hydrique exceptionnel de la RDC, deuxième bassin fluvial au monde. Il a également fixé des objectifs clairs pour son pays.

D’ici 2035, la RDC ambitionne de porter le taux d’accès à l’eau potable à 60 %. L’accès aux services d’assainissement et d’hygiène devrait atteindre 50 %. Enfin, 80 % des écoles et établissements de santé devront disposer d’infrastructures adéquates en eau, hygiène et assainissement.

Ces cibles s’inscrivent dans une vision plus large : faire de l’eau un droit fondamental garanti et un outil de développement humain.

Le Forum a été ouvert par le Président hôte, le Maréchal Idriss Deby Itno. Dans son discours, il a souhaité que ces assises marquent un tournant.

« Que ce forum soit le momentum d’une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités, et qui bâtit, pierre après pierre, un avenir de résilience et de prospérité partagée », a-t-il déclaré.

Pendant plusieurs jours, les participants vont débattre des financements, des innovations technologiques, de la coopération transfrontalière sur les bassins et de l’adaptation au climat.

Avec ses cinq propositions, Félix Tshisekedi entend donner une impulsion politique forte. Le défi désormais est de traduire ces orientations en projets concrets, financés et exécutés, pour que l’eau cesse d’être un facteur de vulnérabilité et devienne un moteur de stabilité et de croissance pour l’Afrique.

Yves Sayo/ Présidence 

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