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Secteur Nkara : 12 échantillons, des morts et un guérisseur de trop - Le Dr Matela brise le silence
By GéantRadio
Published on 22/06/2026 14:29
SANTÉ

Une situation épidémiologique inhabituelle retient l’attention des autorités sanitaires dans le secteur Nkara. Selon le Dr Jean-Paul Matela, chef de Division provinciale de la santé, plusieurs cas suspects ont été signalés ces derniers jours, avec un tableau clinique qui interpelle les équipes médicales sur le terrain.

D’après les premières investigations menées par les équipes de santé, les personnes touchées présentent un ensemble de signes cliniques similaires. Les principaux symptômes rapportés sont une fièvre persistante, des douleurs abdominales intenses et des épisodes de vomissements répétés. Ce triptyque symptomatique a conduit les professionnels de santé à déclencher rapidement le protocole d’alerte et d’investigation épidémiologique prévu en pareille circonstance.

Face à l’urgence, le médecin directeur du centre de santé le plus proche de la zone a été instruit de se rendre immédiatement sur les lieux. L’objectif : évaluer l’ampleur du phénomène, identifier les cas contacts et procéder aux premiers prélèvements nécessaires pour déterminer l’origine exacte de cette flambée.

Pour lever toute équivoque sur la nature de cette pathologie, un total de 12 échantillons biologiques a été prélevé sur les patients présentant les signes décrits. La chaîne de prélèvement et de conservation a été rigoureusement respectée afin de garantir la fiabilité des résultats à venir.

Actuellement, 3 de ces échantillons ont déjà été acheminés vers le laboratoire de Kikwit pour une première série d’analyses. Les 9 autres échantillons restent conservés à l’antenne du Programme élargi de vaccination, en attendant leur transfert. Le Dr Matela a précisé que l’expédition vers l’Institut national de recherche biomédicale, INRB, est programmée pour ce lundi. C’est cette structure de référence nationale qui devra fournir un diagnostic de confirmation après des analyses approfondies.

« Demain lundi, nous allons les expédier à l’INRB pour les analyses », a affirmé le chef de Division provinciale de la santé, soulignant l’importance d’obtenir des résultats fiables avant toute conclusion définitive.

En attendant les résultats du laboratoire, les équipes médicales n’ont pas attendu pour agir. Grâce à un laboratoire de fortune installé sur place, les premiers malades reçus ont été pris en charge en urgence. Compte tenu du tableau clinique et du contexte endémique de la région, l’hypothèse de paludisme grave a été retenue en première intention.

« La plupart des malades qui sont arrivés présentaient de la fièvre, des douleurs abdominales et des vomissements. D’emblée, avec le laboratoire de fortune, nous avons pensé les prendre en charge comme des cas de paludisme grave et il y a des cas qui ont été guéris », a expliqué le Dr Jean-Paul Matela.

Cette approche thérapeutique a permis de stabiliser plusieurs patients et d’éviter une aggravation de leur état de santé. Toutefois, les médecins restent prudents et poursuivent la surveillance active des cas jusqu’à confirmation du diagnostic par l’INRB.

Le Dr Matela a reconnu sans détour que des décès ont effectivement été enregistrés dans le secteur Nkara. L’information, bien que préoccupante, a été communiquée avec transparence afin d’éviter toute spéculation. Les autorités sanitaires insistent sur le fait que chaque décès fait l’objet d’une enquête verbale et épidémiologique pour comprendre les circonstances exactes et identifier d’éventuels facteurs de risque.

« Effectivement, dans le secteur Nkara, il y a des décès. Nous avons demandé au médecin directeur du centre de santé le plus proche d’aller investiguer », a-t-il déclaré.

Un autre point soulevé par le chef de Division provinciale de la santé concerne le comportement de certaines personnes malades. Plusieurs d’entre elles auraient choisi de consulter un guérisseur traditionnel installé en dehors de la zone de santé de Bulungu, plus précisément à Mokala, dans le territoire d’Idiofa.

Ce recours tardif aux structures de santé conventionnelles constitue un défi majeur pour les équipes médicales. Il retarde la prise en charge précoce et augmente le risque de complications, voire de décès. Les spécialistes rappellent que seul un diagnostic posé par du personnel qualifié, appuyé par des examens de laboratoire, permet une prise en charge adaptée et efficace.

Face à l’émoi que suscite cette situation, le Dr Jean-Paul Matela appelle la population au calme et à la collaboration. Il assure que toutes les dispositions nécessaires ont déjà été prises par la Division provinciale de la santé, en coordination avec les partenaires techniques et financiers du secteur.

Les mesures en cours incluent le renforcement de la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés sur les signes d’alerte, la sécurisation de la chaîne de prélèvement, et la préparation des équipes de riposte rapide. Un suivi quotidien des cas suspects est également mis en place jusqu’à clarification complète de la situation.

La population est invité à signaler immédiatement tout cas présentant fièvre, douleurs abdominales ou vomissements aux agents de santé les plus proches, et à éviter l’automédication ou les consultations tardives chez les guérisseurs.

Les résultats des analyses de l’INRB, attendus dans les prochains jours, permettront d’orienter la stratégie de réponse finale et de rassurer durablement les habitants du secteur Nkara.

Biobe Mugheni 

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