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Roger Kamba négocie avec Washington pour obtenir un traitement expérimental : la RDC devient-elle un terrain d’essai ?
By GéantRadio
Published on 27/05/2026 09:17
SANTÉ

La République démocratique du Congo engage une nouvelle phase de sa riposte contre la 17e épidémie d’Ebola qui frappe l’est du pays. Faute de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, le gouvernement oriente sa stratégie vers l’option thérapeutique pour réduire la mortalité parmi les cas confirmés.

Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a confirmé que des discussions avancées sont en cours avec les autorités américaines. L’objectif : obtenir l’accès à un anticorps monoclonal développé contre d’autres souches du virus.

« Nous sommes en négociation avec les Américains pour qu’ils nous disponibilisent un anticorps monoclonal. Nous avons fait la demande officielle et les échanges sont avancés. Dans les prochains jours, nous devrions avoir une réponse », a déclaré Roger Kamba.

La molécule ciblée a déjà achevé l’ensemble des phases d’évaluation en laboratoire pour les souches Zaïre et Soudan. Elle n’a cependant jamais été utilisée contre Bundibugyo, cette variante n’ayant pas provoqué d’épidémie majeure depuis plusieurs années.

Si l’accord est conclu, le traitement sera déployé dans un cadre d’essai clinique strict. L’idée est de mesurer son efficacité et sa tolérance directement sur les patients congolais, selon un protocole validé par les autorités sanitaires et les comités d’éthique.

En parallèle de cette piste, Kinshasa a sollicité des antiviraux à large spectre auprès de ses partenaires techniques et internationaux. Le ministre reste toutefois lucide sur la situation actuelle :

« A ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus Ebola. La prise en charge reste donc symptomatique : réhydratation, prise en charge de la détresse respiratoire, transfusion en cas d’anémie sévère ».

Cette réalité clinique explique l’urgence d’accélérer sur deux fronts : l’accès à des molécules expérimentales et le renforcement des capacités de soins sur le terrain.

La stratégie nationale repose actuellement sur trois axes : isolement rapide des cas, suivi des contacts et mobilisation communautaire.  

230 patients sont actuellement isolés et traités dans les centres de traitement Ebola répartis en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Ces structures bénéficient d’un appui logistique renforcé pour garantir la sécurité des soignants et des patients.  

3600 personnes sont suivies activement par les équipes de terrain. Le travail consiste à identifier, tester et isoler les cas suspects le plus rapidement possible afin de briser la chaîne de transmission. Le volet laboratoire a été accéléré pour soutenir cette démarche.  

« 2000 tests sont partis aujourd’hui, 4000 autres partiront demain », a précisé le ministre.  

Des équipes sont déployées auprès des chefs coutumiers, des responsables religieux, des établissements scolaires et des ONG locales. Le message central porte sur la prévention des contacts avec les malades et l’acceptation des enterrements dignes et sécurisés. Le ministre rappelle que « un corps décédé reste contagieux à cause des sécrétions », d’où l’importance de respecter les protocoles funéraires.

La réponse s’accompagne d’un déploiement logistique exceptionnel. Le 17 août, le ministre s’est rendu sur le terrain avec plus de 5 tonnes d’équipements médicaux et de protection. L’UNICEF a livré une cargaison complémentaire dès le lendemain. Une nouvelle livraison de 100 tonnes est attendue jeudi.

Ce flux de matériel vise à équiper les centres de traitement, les laboratoires mobiles et les équipes d’intervention rapide dans l’ensemble des zones touchées.

L’enjeu des prochains jours réside dans la réponse américaine concernant l’anticorps monoclonal. Si le feu vert est donné, la RDC deviendra l’un des premiers pays à évaluer ce traitement contre la souche Bundibugyo en situation épidémique réelle.

Cette approche s’inscrit dans une logique de recherche-action : produire des données probantes tout en offrant une option thérapeutique aux patients qui n’en disposent pas encore. La réussite de cette démarche dépendra de la rapidité d’exécution du protocole, de la qualité du suivi clinique et de l’adhésion des communautés concernées.

Lambert Mwamba 

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