Face à la menace persistante du virus Ebola dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la société civile monte au front. Ibrahim Malango, Président National de l’Organisation Non Gouvernementale Maman Astride Ngolu, a lancé un message fort de sensibilisation à l’attention des populations du Lualaba. L’objectif : relayer fidèlement les directives des autorités de Kinshasa et du gouvernement provincial, et éviter toute propagation de l’épidémie dans une province encore épargnée.
Dans un contexte marqué par l’interdiction de tout rassemblement de plus de deux personnes "jusqu’à nouvel ordre", M. Malango insiste sur l’application rigoureuse des mesures barrières. Cette décision, prise par la haute hiérarchie en lien avec la situation épidémiologique nationale, vise à limiter les contacts et donc les risques de contamination communautaire. 
"Nous ne sommes pas en période ordinaire. Chaque comportement compte", a rappelé le Président de l’ONG Maman Astride Ngolu lors d’une prise de parole destinée aux communautés de base du Lualaba. Pour lui, la discipline collective reste l’arme la plus efficace tant qu’un vaccin de masse n’est pas déployé sur l’ensemble du territoire.
Le responsable associatif a d’abord dressé l’état des lieux. "Notre pays est confronté depuis quelques mois à d’importants défis sanitaires. La résurgence de l’épidémie du virus Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeure une source majeure de préoccupation pour toute la nation", a-t-il déclaré.
Ces trois provinces frontalières font l’objet d’une surveillance renforcée par le Ministère de la Santé Publique, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Les équipes de riposte y mènent des enquêtes, la vaccination ciblée, la décontamination et la sensibilisation de porte-à-porte. Malgré ces efforts, le risque d’extension vers d’autres provinces reste réel à cause des mouvements de population.
C’est à ce titre que le message se veut préventif pour le Lualaba. "À la population des zones non affectées, j’adresse un appel pressant à observer scrupuleusement les mesures sanitaires édictées par le gouvernement afin de freiner cette épidémie", a martelé Ibrahim Malango.
Concrètement, l’ONG Maman Astride Ngolu recommande à la population :
1. Éviter tout regroupement inutile : marchés surpeuplés, cérémonies, réunions familiales de plus de deux personnes sont à proscrire pour l’instant.
2. Respecter l’hygiène des mains : lavage régulier à l’eau et au savon, ou utilisation de solution hydroalcoolique.
3. Éviter tout contact avec les liquides biologiques d’une personne malade ou décédée suspecte d’Ebola.
4. Signaler immédiatement tout cas de fièvre hémorragique, vomissements de sang ou décès inexpliqué aux structures sanitaires et aux numéros verts mis en place.
5. Ne pas toucher les corps et laisser les équipes spécialisées assurer les enterrements dignes et sécurisés.
Pour Ibrahim Malango, les ONG de proximité comme Maman Astride Ngolu ont un rôle de relais crédible. "Nous connaissons le terrain, nous parlons le langage de la population. Notre mission est de traduire les mesures techniques en actions concrètes au quotidien", explique-t-il.
L’organisation prévoit dans les prochains jours une campagne de porte-à-porte dans les communes de Kolwezi, Fungurume et Mutshatsha, ainsi que la diffusion de messages en swahili, kiluba et français via les radios communautaires et les réseaux sociaux.
En conclusion, le Président National de l’ONG Maman Astride Ngolu exhorte chaque habitant du Lualaba à se considérer comme "acteur de sa propre protection et de celle des autres". Car, rappelle-t-il, Ebola se combat avant tout par la prévention.
Tant que l’épidémie sévit à l’Est, le Lualaba doit rester en état d’alerte. Le respect strict des consignes gouvernementales est aujourd’hui la meilleure barrière contre le virus.
Etienne Kankwende