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Affaire Rebo Tchulo : "C’était à sa demande", la révélation choc du lieutenant Zababu Musafiri
By GéantRadio
Published on 12/06/2026 07:45
CULTURE

Le procès impliquant la chanteuse Rebo Tchulo a pris une nouvelle tournure devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. À la barre, le lieutenant Zababu Musafiri, identifié comme chef de la patrouille mise en cause, a livré des précisions qui interrogent sur le rôle exact de l’artiste dans l’affaire.

Interrogé par les avocats de la partie civile, l’officier de police a reconnu avoir conduit Platini Sadisa, la victime présumée, jusqu’au domicile de Rebo Tchulo. Selon ses déclarations, ce déplacement n’était pas une initiative personnelle des agents. Il a affirmé l’avoir exécuté à la demande expresse de la chanteuse elle-même.

Le prévenu a justifié cette action par une nécessité d’éclaircissement. « Parce qu’il devait dire combien d’objets il avait soutirés du sac de madame Rebo », a-t-il expliqué. Pour le lieutenant, la présence de Platini Sadisa sur les lieux se justifiait donc par un besoin d’inventaire et de confrontation directe avec la plaignante.

Le tribunal s’est ensuite penché sur un point central du dossier : la présence de Rebo Tchulo lors des actes de violence dénoncés par la partie civile. Les avocats ont voulu savoir si l’artiste était sur place lorsque Platini Sadisa aurait subi des actes de torture.

La réponse du lieutenant a été nette et sans détour : « Oui ». Cette confirmation place la chanteuse au cœur de la scène décrite par l’accusation. Elle alimente le débat sur sa responsabilité directe ou indirecte dans le déroulement des événements.

Le témoignage de Zababu Musafiri modifie la perception initiale du dossier. Jusqu’ici, la défense des policiers mettait en avant l’exécution d’ordres ou une intervention de routine. En évoquant une sollicitation de Rebo Tchulo, le chef de patrouille transfère une part de l’initiative vers la plaignante.

Pour la partie civile, cette déclaration est stratégique. Elle vise à établir un lien direct entre la chanteuse et les faits reprochés. Si le tribunal retient que Rebo Tchulo a requis la présence de la victime à son domicile en connaissance des conditions dans lesquelles elle serait reçue, sa position juridique pourrait s’en trouver fragilisée.

Du côté de la défense de l’artiste, il faudra probablement contester l’interprétation de cette « demande ». La nuance entre demander une restitution d’objets et cautionner des violences sera au centre des prochains débats.

Le tribunal militaire de Kinshasa/Ngaliema doit maintenant confronter cette version à celles déjà versées au dossier. Les juges devront déterminer si la présence de Rebo Tchulo était passive ou active, et si sa demande a servi de prétexte à des actes dépassant le cadre légal.

L’audience se poursuit avec l’audition d’autres témoins. Chacune de leurs dépositions permettra de reconstituer avec plus de précision la chronologie des faits et les responsabilités de chacun.

L’affaire suscite une forte attention depuis son ouverture. Rebo Tchulo, figure populaire de la scène musicale congolaise, voit son image associée à une procédure judiciaire sensible. Ses fans suivent chaque audience avec attention, tandis que les organisations de défense des droits humains rappellent l’importance d’un procès équitable et transparent.

Au-delà du nom de la chanteuse, ce dossier pose une question plus large : les limites entre démarche de réparation privée et recours à la force. Le verdict attendu devra trancher sur ce point.

Le tribunal a renvoyé la suite des débats à une date ultérieure pour permettre la poursuite des auditions. D’ici là, le témoignage du lieutenant Zababu Musafiri reste l’élément marquant de cette phase du procès.

Yves Sayo 

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