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Après les violences au Camp Luka, la C64 donne 7 jours au pouvoir pour réagir
By GéantRadio
Published on 09/08/2026 08:16
POLITIQUE

La Coalition Article 64 (C64) monte une nouvelle fois au créneau. Dans un communiqué rendu public ce samedi 8 août 2026, la plateforme d’organisations de la société civile et de partis politiques d’opposition a fermement condamné une série de violences perpétrées ces derniers jours contre ses membres et ses structures.

Les faits incriminés se sont produits à deux endroits stratégiques de la capitale. D’abord au Camp Luka, fief historique de l’opposition, où des militants de la coalition ont été pris pour cible. Ensuite au siège du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement, ECiDé, où des dégâts matériels et des intimidations ont été signalés selon la C64.

Pour la coalition, ces incidents ne relèvent pas de faits isolés. Elle y voit une tentative d’intimidation visant à faire taire la contestation et à empêcher la tenue d’actions pacifiques prévues dans les prochains jours. 

Dans le même communiqué, la Coalition Article 64 affirme « prendre acte » de deux décisions importantes intervenues ces dernières heures dans le traitement des dossiers de plusieurs de ses cadres.

Il s’agit d’abord du transfert d’Aubin Minaku et de Ramazani Shadary vers un lieu de détention officiel. Les deux personnalités, figures du FCC, étaient jusque-là maintenues dans des conditions qui suscitaient des interrogations sur le respect des procédures légales. La C64 estime que leur transfert dans un établissement pénitentiaire reconnu constitue un premier pas vers une gestion plus transparente du dossier.

La coalition note également la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu, président de l’ECiDé. Ce document lui avait été retiré dans le cadre des restrictions de déplacement qui frappaient plusieurs opposants. Pour la C64, cette restitution est un signal positif, mais insuffisant au regard de l’ensemble des revendications portées depuis plusieurs semaines.

Au-delà de ces deux évolutions, la Coalition Article 64 reste inflexible sur le fond. Elle exige « un procès équitable pour l’ensemble des opposants concernés », qu’ils soient déjà en détention ou visés par des poursuites.

La coalition rappelle que le droit à la défense, la présomption d’innocence et la publicité des débats sont des principes constitutionnels qui doivent s’appliquer sans distinction. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « justice à deux vitesses » et appelle les autorités judiciaires à garantir l’indépendance des magistrats dans le traitement des dossiers politiques.

La C64 insiste sur la nécessité de lever toute forme de pression sur les avocats, les témoins et les familles des personnes poursuivies. Elle demande aussi l’accès libre des organisations de défense des droits humains aux lieux de détention afin de documenter les conditions de garde à vue.

Point central du communiqué : la Coalition Article 64 confirme le maintien de son ultimatum fixé au 15 août 2026. Cette date avait été annoncée il y a deux semaines comme une ligne rouge pour le pouvoir.

Concrètement, la coalition prévient que si « aucune réponse jugée satisfaisante » n’est apportée à ses revendications d’ici cette échéance, elle « reprogrammera sa marche de protestation » à l’échelle nationale. 

La marche initialement prévue avait été reportée dans un souci d’apaisement, expliquaient alors les responsables de la C64. Cette fois, le ton est plus ferme. La coalition veut tester la volonté du gouvernement d’ouvrir un dialogue politique inclusif et de répondre aux préoccupations sécuritaires et judiciaires soulevées.

Cette sortie médiatique intervient dans un climat politique déjà tendu à quelques mois d’échéances importantes. La C64, qui tire son nom de l’article 64 de la Constitution qui reconnaît au peuple le droit de s’opposer à tout pouvoir qui viole les droits, se positionne comme un contre-pouvoir citoyen.

Ses revendications dépassent le cadre des dossiers individuels. La coalition réclame la fin des arrestations arbitraires, la garantie des libertés de manifestation et d’expression, ainsi que la tenue d’un dialogue national pour aplanir les divergences.

Du côté du pouvoir, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la publication du communiqué de la C64. Plusieurs observateurs estiment cependant que les prochains jours seront décisifs pour éviter une nouvelle flambée de tensions dans la rue.

La reprogrammation de la marche annoncée par la C64 pourrait mobiliser un large éventail d’acteurs : partis politiques, mouvements citoyens, syndicats et organisations de jeunes. La coalition dit vouloir une mobilisation « pacifique mais déterminée ».

Elle appelle par ailleurs la communauté internationale et les confessions religieuses à jouer un rôle de bons offices pour favoriser une sortie de crise. Pour la C64, il ne s’agit pas seulement de défendre des individus, mais de préserver l’espace démocratique et l’État de droit.

Yves Sayo 

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