C’est un exercice de redevabilité qui s’est tenu ce mardi à Kinshasa. Le Fonds de Promotion Culturelle, FPC, a été auditionné par la Commission économique et financière du Sénat. Objectif : exposer les défis structurels qui freinent son action et présenter des pistes concrètes pour renforcer son efficacité au service des artistes et de la culture congolaise.
Au centre des discussions avec les sénateurs, la question cruciale de la mobilisation et de l’affectation des ressources financières. L’établissement public chargé de l’appui au secteur culturel estime que seul un financement accru lui permettra de remplir pleinement sa mission de promotion des talents locaux et du rayonnement de la RDC.
Reçue par la Commission économique et financière de la Chambre Haute, la direction du FPC a dressé un état des lieux précis de ses activités. Les responsables ont détaillé les principaux goulots d’étranglement qui limitent la portée de leurs interventions sur le terrain.
Parmi les défis évoqués figurent l’insuffisance des ressources allouées, les retards de décaissement, ainsi que la faible prévisibilité budgétaire. Ces contraintes impactent directement la capacité du Fonds à accompagner les projets artistiques, à financer les productions et à assurer une présence culturelle congolaise forte à l’international.
L’essentiel des échanges a porté sur les mécanismes de financement du FPC. La direction a insisté sur la nécessité d’améliorer la mobilisation des ressources prévues par la loi et d’optimiser leur affectation pour toucher un maximum de créateurs.
Le Fonds plaide pour une meilleure traçabilité des recettes affectées à la culture et pour un circuit de décaissement plus fluide. L’enjeu est de garantir que les moyens financiers disponibles arrivent à temps aux artistes, producteurs, festivals et autres acteurs culturels qui en ont besoin pour concrétiser leurs projets.
Dans une démarche de transparence et de redevabilité, le FPC a officiellement sollicité l’appui du Sénat pour obtenir une augmentation significative de son budget annuel.
Pour l’établissement, un financement renforcé n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique. Il permettrait de multiplier les appels à projets, d’élargir le nombre de bénéficiaires, de moderniser les infrastructures culturelles et de professionnaliser davantage les filières créatives sur toute l’étendue du territoire.
Le renforcement des moyens du FPC vise un double objectif selon ses dirigeants. D’abord, mieux accompagner les créateurs locaux dans toutes les disciplines : musique, cinéma, arts plastiques, théâtre, littérature, mode et patrimoine.
Ensuite, accroître le rayonnement culturel de la République Démocratique du Congo sur les scènes nationale et internationale. Un budget consolidé permettrait de financer la participation des artistes congolais aux grands rendez-vous culturels, aux biennales, aux festivals et aux marchés professionnels à l’étranger.
Les opérateurs culturels suivent ce plaidoyer avec attention. Pour de nombreux créateurs, le FPC reste l’un des rares guichets publics dédiés au financement de la culture. Son renforcement est perçu comme une condition essentielle pour structurer l’écosystème et retenir les talents au pays.
La direction du Fonds a rappelé que les industries culturelles et créatives sont un levier de création d’emplois, de cohésion sociale et de diplomatie d’influence. D’où l’urgence, selon elle, de doter le secteur de moyens à la hauteur de son potentiel.
Au terme de l’audition, les membres de la Commission économique et financière du Sénat ont pris acte des doléances du FPC. Les sénateurs se sont engagés à étudier les propositions formulées en vue de leur prise en compte dans les discussions budgétaires à venir.
Le Fonds de Promotion Culturelle espère que cet exercice de redevabilité débouchera sur des arbitrages favorables lors de l’élaboration de la prochaine Loi de Finances. L’institution réaffirme sa disponibilité à travailler avec le Parlement et le Gouvernement pour faire de la culture un véritable pilier du développement national.
Yves Sayo