Le tribunal de paix de Lubumbashi, siégeant à Kampemba, a poursuivi ce lundi 10 août 2026 l’examen de l’affaire opposant l’ancien gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula, à son ancien ministre provincial des Mines, Georges Mawine.
La procédure a été introduite par citation directe. Jacques Kyabula reproche à Georges Mawine des faits de diffamation et de dénonciation calomnieuse. Selon la partie citante, les propos incriminés auraient été tenus dans les médias et relayés sur les réseaux sociaux, et porteraient atteinte à l’honneur et à la réputation de l’ancien chef de l’exécutif provincial.
Dès l’ouverture de l’audience, les conseils de Georges Mawine ont soulevé une question préalable. Ils estiment que la manière dont leur client a été cité devant le tribunal porte atteinte aux garanties prévues par la Constitution.
Deux points ont été mis en avant par la défense. Premièrement, la citation à comparaître a été assortie d’une ordonnance abréviative de délai. Deuxièmement, l’infraction visée serait punissable d’une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de servitude pénale. Pour la partie Mawine, la combinaison de ces deux éléments crée une situation qui ne respecte pas le droit à une défense effective.
Sur cette base, Georges Mawine a déposé au greffe une requête en inconstitutionnalité. Il demande au tribunal de constater la violation des droits que la loi fondamentale lui reconnaît et d’en tirer les conséquences procédurales.
Le tribunal a pris acte du dépôt de la requête. Les débats de fond n’ont pas encore été abordés. L’audience s’est concentrée sur les exceptions et les moyens soulevés par la défense.
À la sortie de la salle d’audience, Georges Mawine s’est exprimé devant la presse. L’ancien ministre provincial des Mines a qualifié la procédure de « procès de la honte ».
Il a regretté de voir un ancien gouverneur traduire en justice celui qui fut son collaborateur au sein du gouvernement provincial. Pour lui, cette situation donne une image négative de la gestion publique et de la relation entre autorités.
« J’appelle la génération future à ne pas suivre cet exemple », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il compte poursuivre la défense de ses droits par toutes les voies légales, y compris la voie constitutionnelle qu’il vient d’emprunter.
Dans sa citation, Jacques Kyabula accuse Georges Mawine d’avoir tenu des déclarations publiques qu’il considère comme diffamatoires. La dénonciation calomnieuse porte, selon la partie citante, sur des allégations diffusées dans les médias traditionnels et amplifiées sur les réseaux sociaux.
La défense de Georges Mawine n’est pas encore entrée dans le détail des faits. Pour l’instant, la stratégie repose sur la contestation de la régularité de la saisine du tribunal.
Cette affaire met en lumière plusieurs enjeux. Sur le plan juridique, elle pose la question de l’équilibre entre la protection de l’honneur des personnalités publiques et le respect des droits de la défense, notamment en matière de délais de comparution pour des infractions passibles de peines significatives.
Sur le plan politique, le dossier oppose deux figures qui ont travaillé ensemble au sein de l’exécutif du Haut-Katanga. Le fait que l’ancien gouverneur poursuive directement son ancien ministre alimente les commentaires dans les milieux politiques et associatifs de Lubumbashi.
Des observateurs notent que le dépôt d’une requête en inconstitutionnalité pourrait allonger la procédure. Le tribunal devra d’abord se prononcer sur la recevabilité de cette requête avant d’aborder le fond du dossier de diffamation.
Le tribunal de paix de Kampemba a renvoyé l’affaire à une date ultérieure pour permettre aux parties de conclure sur la question préalable et sur la requête en inconstitutionnalité.
Aucune décision sur le fond n’a donc été rendue à ce stade. Les deux parties ont indiqué qu’elles maintenaient leurs positions respectives.
Jacques Kyabula n’était pas présent à l’audience de ce lundi. Il était représenté par ses conseils. Georges Mawine, lui, a répondu à la citation et est resté jusqu’à la levée de l’audience.
Lambert Mwamba