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Rebo Tchulo à la barre : l’audience qui pourrait redéfinir la lutte contre l’impunité en RDC
By GéantRadio
Published on 28/05/2026 06:44
CULTURE

L’affaire qui avait embrasé les réseaux sociaux en RDC revient devant la justice. Ce jeudi 28 mai 2026 à 9h, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema tient une audience publique dans la salle ordinaire des audiences, située au n°46 de l’avenue Lubefu, dans la commune de la Gombe.

La chanteuse Déborah Mulanga Tshimpaka, connue sous le nom de scène Rebo Tchulo, y comparaît en liberté aux côtés de plusieurs autres prévenus. Le ministère public, représenté par l’auditeur militaire de garnison, la poursuit pour des faits qualifiés de graves dans ce dossier désormais instruit en procédure foraine.

L’affaire trouve sa source dans une séquence filmée qui a circulé massivement en ligne. On y voit un jeune homme, présenté comme un chauffeur de l’artiste, subir des coups de fouet infligés par des militaires. La scène se serait déroulée dans la nuit du 18 au 19 avril, dans une résidence louée par la chanteuse à Binza-Pigeon, commune de Ngaliema.

La présence de Rebo Tchulo dans la vidéo a immédiatement alimenté la polémique. L’opinion publique s’est indignée de l’implication de militaires dans ce qui relève, en principe, de la justice civile, et a dénoncé des actes de violence filmés sans intervention. Face à l’ampleur de la controverse, les autorités militaires ont ouvert des investigations pour établir les responsabilités. 28e2

Selon la correspondance officielle annonçant l’audience, plusieurs personnes sont citées dans ce dossier. Treize militaires des FARDC sont notamment visés pour des faits présumés de torture, d’extorsion et de manquements à la discipline militaire. Certains d’entre eux sont détenus à la prison militaire de Makala, d’autres demeurent en fuite. 

Du côté de l’artiste, le ministère public évoque une suspicion d’incitation des militaires à poser des actes contraires à la loi ou à la discipline. Elle est également poursuivie pour des qualifications telles que torture, extorsion, concussion et violation de consignes. Le parquet militaire considère que la notion d’« incitation » est centrale : il s’agit de déterminer si les violences ont été ordonnées, encouragées ou simplement tolérées. 

Rebo Tchulo avait déjà été entendue le lundi 27 avril par l’Auditorat militaire supérieur de Kinshasa/Gombe, en présence de son avocat. Cette comparution avait marqué l’entrée formelle de l’affaire dans le champ judiciaire, au-delà des débats numériques. 

Pour plusieurs observateurs, ce procès revêt un caractère sensible. Il met en lumière la question des abus et des atteintes aux droits humains, mais aussi la responsabilité des personnalités publiques face à des actes commis par des éléments des forces armées. L’audience de ce jeudi se tiendra donc sous haute attention médiatique.

Yves Sayo 

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