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Coalition Article 64 : l’opposition sort le carton rouge au pouvoir avant le match
By GéantRadio
Published on 19/05/2026 08:50
POLITIQUE

Kinshasa se prépare à un moment politique important. Ce mardi 19 mai, à 10h00, le Collège Boboto accueillera le lancement officiel de la Coalition Article 64, nouvelle plateforme de l’opposition qui se présente comme un front de défense de l’ordre constitutionnel en RDC.

L’événement n’est pas un retour sur le passé. Il s’agit d’un rendez-vous à venir, annoncé comme un tournant décisif pour la recomposition de l’opposition et pour la mobilisation citoyenne autour des principes républicains. Le choix du Collège Boboto, lieu chargé de mémoire dans l’histoire intellectuelle et politique de la capitale, donne d’emblée un poids symbolique à l’initiative.

La Coalition Article 64 se donne une mission explicite : « défendre la Constitution, préserver notre intégrité nationale et barrer la route aux dérives ». 

Le nom même de la plateforme renvoie à l’article 64 de la Constitution congolaise, qui consacre le devoir de tout citoyen de faire échec à toute prise de pouvoir par la force ou de manière anticonstitutionnelle. Pour les initiateurs, il ne s’agit pas d’un simple slogan, mais d’un cadre juridique et moral qui doit structurer l’action politique et citoyenne dans les mois à venir.

L’ambition affichée est de rassembler au-delà des clivages partisans. Avocats, anciens parlementaires, acteurs de la société civile, leaders d’opinion et jeunes militants sont attendus pour poser les bases d’un mouvement transversal. L’objectif est clair : créer un espace où la défense des institutions prime sur les intérêts de chapelle.

Dans le message diffusé en amont du lancement, le ton est volontairement mobilisateur. Les organisateurs entendent sortir d’une logique de silence et d’attentisme.

« Le silence n’est plus une option. Chaque Congolais doit agir. Ensemble, redonnons sa dignité à notre nation ! L’histoire nous appelle, le destin de notre peuple se joue maintenant », déclarent-ils.

Ce message s’adresse directement à l’opinion publique. Il s’agit de transformer l’inquiétude diffuse sur l’avenir démocratique en engagement concret. La coalition prévoit de structurer son action autour de trois axes : l’éducation civique sur les enjeux constitutionnels, l’organisation de forums de débat ouverts, et la mise en place d’un réseau de veille citoyenne capable de documenter et d’alerter.

Le lancement de ce mardi ne se veut pas une simple conférence de presse. Il s’agit d’un acte politique fondateur. Les organisateurs misent sur la symbolique du lieu et de l’heure pour donner le signal d’un engagement durable. 

Le Collège Boboto a souvent servi de cadre aux débats qui ont pesé sur l’histoire récente du pays. En y convoquant la société civile et les médias, la Coalition Article 64 cherche à s’inscrire dans cette continuité et à rappeler que la vigilance démocratique ne peut reposer uniquement sur les institutions formelles.

Selon le comité d’organisation, Kinshasa ne sera que le point de départ. Des antennes provinciales devraient voir le jour rapidement pour relayer le message et structurer la mobilisation à l’échelle nationale. 

Des rencontres sont également prévues avec les confessions religieuses, les organisations de jeunesse et les chambres professionnelles. L’idée est de construire un maillage citoyen capable de réagir rapidement face à toute menace perçue contre l’ordre constitutionnel.

La plateforme se donne aussi pour mission de formuler des propositions concrètes pour renforcer les garde-fous démocratiques, plutôt que de se limiter à la contestation. C’est cette posture proactive qui, selon ses promoteurs, doit la distinguer des initiatives passées.

Ce mardi 19 mai à 10h00, tous les regards seront donc tournés vers le Collège Boboto. Le succès de ce lancement se mesurera à la capacité de la coalition à fédérer des profils variés et à traduire son discours en actions visibles sur le terrain.

Si l’initiative tient ses promesses, elle pourrait redéfinir la manière dont l’opposition se structure en RDC et redonner au débat constitutionnel une place centrale dans l’espace public.

Yves Sayo 

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