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Thérèse Kayikwamba Wagner accélère : 72h pour faire avaler deux accords explosifs au Sénat
By GéantRadio
Published on 15/05/2026 05:52
POLITIQUE

La diplomatie congolaise a franchi une étape clé ce jeudi 14 mai 2026. Devant le Sénat, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a défendu deux projets de loi jugés structurants pour l’avenir sécuritaire et économique de la République démocratique du Congo. Les textes soumis concernent la ratification de l’Accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé en juin 2025, et celle d’un Accord de partenariat stratégique conclu avec les États-Unis.

Ces auditions devant les commissions parlementaires marquent le début d’un processus législatif décisif, dont l’issue conditionnera la traduction concrète des engagements internationaux pris par Kinshasa sur la scène régionale et mondiale.

La première présentation s’est tenue devant la Commission des Relations extérieures et de la Défense. La ministre a centré son intervention sur l’Accord de paix paraphé le 27 juin 2025 entre Kinshasa et Kigali, qu’elle décrit comme un tournant dans la gestion des tensions persistantes dans l’Est du pays.

Selon Thérèse Kayikwamba Wagner, le texte ne se limite pas à une déclaration d’intention. Il établit un cadre opérationnel pour la cessation des hostilités et organise une coopération sécuritaire structurée entre les deux États. L’objectif affiché est double : désamorcer les foyers de violence qui fragilisent le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, et créer les conditions d’un retour durable de l’autorité de l’État dans des zones longtemps en proie aux groupes armés.

« La paix ne se limite pas à la signature d’un accord. Elle nécessite un suivi rigoureux et des engagements concrets », a insisté la ministre. Elle a souligné que la ratification permettra de transformer des promesses diplomatiques en obligations juridiques contraignantes, renforçant ainsi la crédibilité du processus et la confiance des populations locales.

La ministre a également rappelé que la stabilisation de l’Est de la RDC constitue un préalable indispensable à tout projet de développement économique et social dans la région. Sans sécurité, les investissements restent bloqués et les communautés demeurent otages de l’insécurité chronique.

La seconde audition s’est déroulée devant la Commission mixte Économique, Financière et de la Bonne Gouvernance. L’objet : l’Accord de partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis, présenté comme un levier pour moderniser l’exploitation des ressources naturelles et accélérer la transition énergétique.

Thérèse Kayikwamba Wagner a insisté sur la dimension économique du texte. L’accord vise à structurer la coopération bilatérale autour de projets concrets dans les secteurs minier, énergétique et des infrastructures. L’enjeu est d’attirer des investissements responsables, de transférer des technologies et de créer de la valeur ajoutée sur le territoire congolais, tout en respectant les standards de transparence et de gouvernance.

Sur la question sensible de la souveraineté, la ministre a voulu lever toute ambiguïté : « Ce partenariat ne renonce pas à notre souveraineté, mais la renforce en structurant notre coopération avec des acteurs internationaux ». Pour elle, l’accord permet à la RDC de négocier d’égal à égal, en fixant un cadre clair qui protège les intérêts nationaux et garantit un partage équitable des bénéfices.

Cette approche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de diversifier les partenariats économiques et de réduire la dépendance à des modèles d’exploitation peu bénéfiques pour l’économie locale.

À l’issue des deux séances, les députés ont transmis les projets de loi aux commissions compétentes pour un examen approfondi. Le calendrier est serré : les rapports d’examen sont attendus dans un délai de 72 heures. Ce rythme traduit l’urgence politique accordée aux deux dossiers, considérés comme prioritaires pour l’exécutif.

La ratification par le Sénat ouvrirait la voie à la promulgation et à la mise en œuvre opérationnelle des accords. Pour l’Accord de paix, cela implique la mise en place des mécanismes de suivi, de vérification et de coopération sécuritaire prévus dans le texte. Pour le partenariat avec les États-Unis, cela signifie l’ouverture de négociations techniques sectorielles et la préparation de projets d’investissement.

En conclusion, Thérèse Kayikwamba Wagner a présenté ces deux accords comme des instruments complémentaires. Le premier pose les bases d’une stabilité régionale durable, condition sine qua non pour relancer l’économie de l’Est. Le second offre un cadre pour mobiliser des capitaux et des expertises étrangères au service d’une industrialisation maîtrisée des ressources congolaises.

« Il s’agit de transformer les engagements internationaux en actions concrètes en faveur de la paix et du développement durable en RDC », a-t-elle déclaré. La ministre a appelé le Sénat à traiter ces dossiers avec la rigueur et la rapidité qu’impose le contexte, tant sur le plan sécuritaire qu’économique.

Le pays observe désormais la suite du processus parlementaire. L’adoption de ces textes constituerait un signal fort envoyé aux partenaires régionaux et internationaux, sur la volonté de Kinshasa de sortir de la logique de crise pour entrer dans une phase de stabilisation et de croissance.

Yves Sayo 

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