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Constitution : Kabuya enterre le débat et annonce "rien ne va se passer" face aux opposants
By GéantRadio
Published on 18/05/2026 12:17
POLITIQUE

Le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, Augustin Kabuya, a tranché le débat sur la révision constitutionnelle. Dans une déclaration ferme, il a indiqué que pour l’UDPS, la question est déjà réglée en interne et que le parti se tient prêt à soumettre sa proposition au chef de l’État dès qu’il sera convié.

Cette prise de position intervient dans un contexte où la perspective d’une modification de la Loi fondamentale divise la classe politique et alimente les discussions dans l’opinion publique. Pour le cadre de l’UDPS, il n’y a pas lieu de prolonger la polémique. L’heure est désormais à la préparation d’une offre politique concrète, adossée à l’histoire constitutionnelle du pays.

Augustin Kabuya a insisté sur le fait que le parti présidentiel ne considère plus le principe du changement constitutionnel comme une question ouverte. Selon lui, la direction de l’UDPS a déjà tranché et s’est accordée sur la nécessité d’adapter le cadre institutionnel actuel aux réalités politiques, sociales et économiques du pays.

« Nous, à l’UDPS, ce débat sur le changement de la Constitution est déjà clos », a-t-il déclaré. Cette formulation vise à clore les hésitations et à afficher une unité de ligne au sein du parti. Elle traduit aussi une volonté d’accélérer le processus, en évitant de s’enliser dans des controverses procédurales qui, selon le parti, freinent l’action publique.

Le message est clair : l’UDPS ne compte pas revenir en arrière sur l’idée d’une révision. L’enjeu n’est plus de savoir s’il faut changer la Constitution, mais comment et sur quelle base juridique et historique le faire.

Pour structurer sa proposition, l’UDPS annonce qu’elle s’appuiera sur le projet de Constitution élaboré en 1992 lors de la Conférence Nationale Souveraine. Ce texte, souvent présenté comme un moment de consensus national, servira de socle de travail.

L’objectif affiché est d’actualiser ce projet pour qu’il réponde aux défis d’aujourd’hui. Il s’agit de conserver l’esprit du texte de 1992 – notamment en matière de séparation des pouvoirs, de libertés fondamentales et de décentralisation – tout en l’ajustant aux évolutions démographiques, géopolitiques et institutionnelles des trois dernières décennies.

Cette approche permet au parti de s’inscrire dans une continuité historique tout en revendiquant une démarche pragmatique. En se référant à 1992, l’UDPS cherche à donner à son projet une légitimité fondée sur un large processus participatif, tout en évitant l’écueil d’une refonte perçue comme improvisée.

Au-delà du contenu, Augustin Kabuya a tenu un discours de fermeté à l’égard des opposants à la révision. Il a affirmé que le processus irait à son terme et que les pressions extérieures n’entameraient pas la détermination du parti.

« Nous allons changer cette Constitution, rien ne va se passer et personne ne va nous intimider ni nous interdire », a-t-il martelé. Cette déclaration s’adresse à la fois à l’opposition politique, à la société civile et aux acteurs internationaux qui ont exprimé des réserves sur l’opportunité et le calendrier d’une telle réforme.

L’idée défendue est que la souveraineté nationale doit primer dans la conduite des réformes institutionnelles. Pour l’UDPS, le débat démocratique doit se tenir dans le cadre légal congolais, sans ingérence ni intimidation. Le parti se positionne ainsi en acteur qui assume le coût politique d’une décision qu’il juge nécessaire pour stabiliser les institutions.

Sur la méthode, Augustin Kabuya a précisé que l’UDPS attend l’initiative du chef de l’État pour engager la présentation officielle de son projet. Le parti ne cherche pas à court-circuiter le processus institutionnel. Il se place dans une logique de proposition, en réponse à une invitation qui reste à formaliser.

Cette posture vise à concilier deux impératifs : afficher une ligne politique claire et respecter le rôle central du président de la République dans l’agenda des réformes majeures. L’attente de l’invitation permet aussi de donner au processus un caractère national plutôt que partisan.

En pratique, cela signifie que le travail technique et politique de relecture du texte de 1992 se poursuit en interne, afin d’être prêt dès que le signal sera donné. L’UDPS veut éviter d’être prise de court et entend peser sur le contenu final de la réforme.

Yves Sayo 

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