L’annonce est tombée, et avec elle, l’émotion d’un rêve devenu réalité. Sur sa page Facebook, Fiston Mayele, attaquant des Léopards de la RDC, a partagé ses premiers mots après avoir appris sa convocation pour la Coupe du Monde 2026. Loin des formules convenues, son message mêle gratitude, spiritualité et un hommage appuyé à son parcours, atypique et inspirant.
Un rêve d’enfant devenu prière, puis réalité
« Au départ ce n’était qu’un rêve, un souhait, un vœu bercé avec foi par amour pour le football dès l’enfance. Avec le temps et le travail, c’est devenu une prière, et Dieu a facilité… Aujourd’hui, c’est devenu une réalité. Alhamdoulilah. »
En quelques lignes, Fiston Mayele résume plus de 20 ans de persévérance. Le ton est humble, presque recueilli. Pas de triomphalisme, mais la reconnaissance d’un chemin parcouru pas à pas. Pour des millions de jeunes Congolais, ces mots font écho. Ils rappellent que derrière la gloire des maillots bleus, il y a d’abord un enfant qui jouait au ballon avec l’espoir comme seul équipement.
L’histoire de Fiston Mayele est celle d’une ascension patiente, construite loin des projecteurs. De Mbuji-Mayi, il forge son caractère et sa technique sur les terrains sablonneux du Kasaï, là où beaucoup abandonnent faute de moyens.
Sa carrière prend un tournant décisif au Haut-Katanga. D’abord à Likasi, puis à Kolwezi, il se fait remarquer sous les couleurs de l’AS Simba. C’est là qu’il laisse une empreinte indélébile : puissance, sens du but, et une éthique de travail qui ne laisse personne indifférent. Ces performances lui ouvrent les portes de l’AS Vita Club, l’un des clubs historiques de Kinshasa. Sous la direction de Florent Ibenge, alors sélectionneur et coach, Mayele franchit un cap. Ibenge croit en lui et lui offre ses premières sélections en équipe nationale, lançant ainsi sa carrière internationale.
Le talent de Mayele ne reste pas cantonné aux frontières de la RDC. Il exporte son efficacité en Tanzanie, au Young Africans SC, où il devient l’un des attaquants les plus redoutés d’Afrique de l’Est. Son efficacité en CAF Champions League et son sens du but en font une valeur sûre sur le marché continental.
Aujourd’hui, il évolue à Pyramids FC en Égypte, confirmant son statut de joueur d’envergure africaine. Ce passage par différents championnats a forgé un attaquant complet, capable de s’adapter, de marquer dans les grands rendez-vous et de porter la pression des attentes.
Fiston Mayele ne se pose pas en star inaccessible. Il se présente comme la preuve vivante qu’il n’est jamais trop tard pour rêver grand, à condition d’y mettre du sérieux et de la discipline.
Son parcours parle directement à ces milliers de jeunes qui s’entraînent sur des terrains en terre battue, sans structure, mais avec une passion intacte. Il leur dit : le point de départ ne définit pas le point d’arrivée. Ce que comptent, ce sont la foi, le travail et l’opportunité saisie.
La Coupe du Monde 2026 : l’aboutissement et un nouveau défi
La sélection pour le Mondial 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique représente l’aboutissement d’un long chemin. Pour les Léopards, la présence d’un joueur comme Mayele est un atout majeur. Son expérience, sa puissance physique et son efficacité devant le but apportent une option offensive de poids à la sélection.
Au-delà de l’aspect sportif, sa présence a une valeur symbolique forte. Elle incarne la résilience du football congolais et la capacité de ses joueurs à s’imposer au plus haut niveau malgré les obstacles structurels.
Une fierté nationale partagée
Les réactions sous son post ne trompent pas. Partout dans le pays, des supporters, anciens coéquipiers et observateurs saluent la nouvelle. « Félicitations mwana Mboka Fiston Mayele Kalala », écrivent-ils en chœur. C’est plus qu’une félicitation : c’est la reconnaissance d’un parcours qui appartient désormais à l’histoire du football congolais.
Alors que la RDC se prépare pour ce rendez-vous mondial, l’histoire de Fiston Mayele rappelle une vérité simple : les plus beaux rêves se construisent dans la durée, entre foi, travail et humilité. La Coupe du Monde 2026 sera son théâtre, mais son message, lui, continuera d’inspirer bien au-delà des 90 minutes.
Etienne Kankwende