La Garde Républicaine, unité d’élite des Forces armées de la République démocratique du Congo, organise ce vendredi 15 mai 2026 des entraînements militaires de simulation au Stade des Martyrs de la Pentecôte. L’information a été officialisée dans un communiqué signé le jeudi 14 mai par le Commandant de la GR, le Général-Major Ephraïm Kabi Kiriza.
Ces exercices s’inscrivent dans le cadre du programme de formation continue de l’unité. L’objectif affiché est de renforcer la préparation opérationnelle des troupes chargées de la protection des hautes personnalités. Concrètement, il s’agit d’évaluer les dispositifs de réaction en situation d’urgence, d’améliorer la coordination entre les différentes unités lors d’interventions rapides et complexes, et de consolider les procédures opérationnelles pour garantir une protection optimale du Chef de l’État, de sa famille et des installations présidentielles. Selon un proche du commandement les apprenants de la sécurité VIP vont s’exercer dans le réel au Stade des Martyrs avec leurs instructeurs. Il est prévu quelques détonations avec des balles en cartouches blanches. Il s’agit donc de tirs à blanc destinés à recréer les conditions d’une intervention réelle sans présenter de danger pour le public.
Face à la perspective de ces bruits de détonation, l’État-major de la Garde Républicaine invite la population kinoise à garder son calme. Le communiqué demande à tous d’adopter une attitude de quiétude et de sérénité, et de ne pas céder à la panique ni à la manipulation. L’institution précise que les bruits secs, brefs et répétés entendus lors de la journée du vendredi ne doivent pas susciter d’inquiétude. Les habitants et les usagers du Stade des Martyrs sont invités à poursuivre leurs activités quotidiennes normalement, sans contrariété.
La Garde Républicaine remplit une mission statutaire de protection rapprochée. Détachée directement auprès du Président de la République, qui est le commandant suprême des forces armées, elle exerce des attributions définies par l’ordonnance n° 13-063 du 22 juin 2013. Son rôle principal consiste à assurer la garde et la protection du Président de la République, de sa famille et des hôtes de marque en visite officielle. Elle veille également à la sécurité des biens et des installations présidentiels, ce qui inclut la résidence et les sites stratégiques de la Présidence. Par ailleurs, elle prend en charge les escortes et les honneurs protocolaires au niveau de la Présidence de la République. Au-delà de ces missions spécifiques, la GR peut être réquisitionnée en cas d’urgence ou de nécessité opérationnelle. Elle est alors habilitée à être engagée au front dans des opérations de combat, ou mobilisée pour des missions de maintien et de rétablissement de l’ordre public sur l’ensemble du territoire national.
Sur le plan du commandement, la structure de la Garde Républicaine reflète son statut particulier. Sur le plan opérationnel, le Commandant de la Garde Républicaine relève directement du Président de la République. Il agit en tant qu’homme de confiance du Chef de l’État pour tout ce qui concerne la sécurité présidentielle. En revanche, pour les questions d’administration et de logistique, le commandement de la GR dépend du Chef d’État-major général des FARDC. Cette double subordination vise à garantir à la fois la réactivité opérationnelle et la cohérence avec l’ensemble des forces armées. Le commandant de la GR est généralement un officier général au rang de Général-Major ou d’un grade supérieur. Il est assisté d’au moins un adjoint au rang de Général de Brigade. Les nominations, relèves et révocations à ces postes se font par ordonnance présidentielle, sur proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des ministres, après avis du Conseil supérieur de la défense.
La tenue de ces simulations en milieu ouvert, dans un site aussi emblématique que le Stade des Martyrs, traduit la volonté de la Garde Républicaine de tester ses capacités en conditions proches du réel. L’entraînement des unités chargées de la sécurité VIP exige une maîtrise précise des réflexes, de la communication et de la coordination sous pression. Ce type d’exercice régulier contribue à maintenir un haut niveau de préparation et à rassurer sur la capacité de l’unité à répondre à toute menace contre les institutions et les plus hautes autorités de l’État.
Yves Sayo