L’étau judiciaire se resserre autour du lieutenant-général Philémon Yav. Ce mercredi, devant la Haute Cour Militaire siégeant à Kinshasa, le ministère public a requis la servitude pénale à perpétuité à l’encontre de l’officier supérieur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo.
Le général Yav comparaît pour trahison, une infraction particulièrement grave dans le contexte sécuritaire actuel de l’Est de la RDC. Selon l’organe de la loi, les faits reprochés portent atteinte à la sûreté de l’État et à l’intégrité des opérations militaires en cours.
Au cours de son réquisitoire, l’auditeur militaire a estimé que la responsabilité du prévenu était pleinement établie. Il a rappelé que le grade et les fonctions occupés par l’accusé aggravent les manquements constatés et justifient la sévérité de la peine sollicitée.
Outre la servitude pénale à perpétuité pour trahison, le parquet a requis une peine complémentaire de 20 ans d’emprisonnement. Cette seconde sanction vise l’incitation des troupes à la violation des consignes et de la discipline militaire, autre chef d’accusation retenu contre l’officier.
Le ministère public soutient que ces actes ont contribué à fragiliser la chaîne de commandement et à compromettre la cohésion des unités engagées sur le terrain. Il a insisté sur la nécessité d’une réponse judiciaire exemplaire pour préserver la discipline au sein des FARDC.
La défense du lieutenant-général Philémon Yav a contesté les charges. Ses avocats plaident l’insuffisance de preuves matérielles et évoquent un dossier politiquement orienté. Ils annoncent qu’ils présenteront leurs moyens de défense lors de la prochaine audience.
La Haute Cour Militaire a renvoyé l’affaire pour permettre aux avocats de préparer leurs plaidoiries. Aucune date n’a encore été fixée pour le prononcé du jugement.
Cette procédure intervient dans un climat de fermeté affiché par les autorités militaires face aux cas d’indiscipline et de collusion présumée avec des groupes armés. Plusieurs officiers ont été interpellés ces derniers mois dans le cadre d’enquêtes similaires.
Le verdict attendu dans le dossier Yav sera scruté de près, tant par la hiérarchie militaire que par l’opinion publique. Il pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité au sein des forces de défense et de sécurité.
La Haute Cour Militaire, juridiction d’exception, reste seule compétente pour juger les officiers généraux. Ses décisions sont rendues en premier et dernier ressort.
Lambert Mwamba