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Cuivre, cobalt et embuscades : l’hécatombe silencieuse des investisseurs chinois au Lualaba
By GéantRadio
Published on 11/05/2026 16:47
SÉCURITÉ

La sécurité des opérateurs miniers chinois actifs sur le tronçon Kisanfu-Kisankala se dégrade de manière préoccupante. D’après l’ONG locale Eben Ezer, au moins trois attaques armées visant spécifiquement ces exploitants ont été recensées au cours des deux derniers mois. Ce constat alarmant met en lumière une escalade des violences dans cette zone stratégique pour l’industrie extractive. 

Mexa Mukanya, coordonnateur de l’organisation Eben Ezer, a livré ces informations à Radio Okapi. Il précise que ces agressions répétées ont déjà provoqué la mort d’un ressortissant chinois. Au-delà des pertes humaines, les assaillants emportent systématiquement d’importantes sommes d’argent liquide ainsi que des biens de grande valeur transportés par les victimes. 

Le dernier incident en date s’est produit récemment dans la localité de Kisankala. Lors de cette attaque, un citoyen chinois a perdu la vie et son chauffeur a été grièvement blessé. Les circonstances exactes de l’embuscade restent à établir par les autorités compétentes, mais le mode opératoire rappelle les précédentes agressions signalées sur ce même axe. 

Le tronçon Kisanfu-Kisankala est un corridor vital pour l’acheminement des minerais et des équipements liés aux activités minières. Sa position en fait une artère économique majeure, mais aussi une zone exposée aux groupes armés et aux bandes criminelles qui ciblent les convois jugés vulnérables. La récurrence des attaques ces dernières semaines traduit une dégradation rapide du climat sécuritaire. 

Selon Eben Ezer, la fréquence des incidents en l’espace de deux mois seulement révèle une planification et une connaissance du terrain de la part des assaillants. Les opérateurs chinois, fortement présents dans l’exploitation du cuivre et du cobalt dans la région, semblent être devenus des cibles privilégiées en raison des liquidités et du matériel qu’ils transportent. 

Cette situation soulève des inquiétudes au sein des communautés locales et des partenaires économiques. Les acteurs de la société civile appellent à un renforcement urgent du dispositif sécuritaire sur l’ensemble du tronçon. Des patrouilles plus régulières, une meilleure coordination entre les forces de défense et de sécurité et les entreprises minières, ainsi qu’un système d’alerte rapide sont évoqués comme pistes immédiates. 

Les conséquences économiques pourraient être significatives si l’insécurité persiste. Un ralentissement des mouvements logistiques affecterait directement la production et les exportations de minerais, avec un impact sur les recettes provinciales et nationales. Plusieurs entreprises réévaluent déjà leurs protocoles de déplacement et de transfert de fonds. 

Pour Mexa Mukanya, il est impératif que les autorités provinciales et nationales prennent la mesure de cette menace. Il plaide pour des enquêtes approfondies afin d’identifier et de démanteler les réseaux responsables de ces attaques. La protection des investisseurs, quelle que soit leur nationalité, est présentée comme une condition essentielle à la stabilité de la filière. 

L’ONG Eben Ezer documente ces incidents et accompagne les victimes. Elle insiste sur le fait que la dernière attaque de Kisankala, avec un mort et un blessé, ne doit pas rester sans réponse judiciaire et sécuritaire. La population locale, souvent témoin indirecte de ces violences, exprime également une peur grandissante liée à la présence d’hommes armés sur les axes routiers. 

Face à cette recrudescence, les opérateurs miniers appellent à une concertation urgente avec les autorités administratives, militaires et policières. L’objectif est de définir un plan de sécurisation adapté aux réalités du terrain, incluant des escortes pour les convois sensibles et un renforcement du renseignement. 

La série d’attaques sur Kisanfu-Kisankala intervient dans un contexte régional déjà marqué par des défis sécuritaires multiples. Si aucune mesure forte n’est prise, le risque est de voir ces incidents se multiplier et décourager davantage d’investissements dans le secteur minier, pourtant crucial pour l’économie. 

Les deux derniers mois ont donc marqué un tournant dans la perception du risque sur cet axe. La mort d’un ressortissant chinois et les blessures infligées à son chauffeur jeudi dernier illustrent la violence des assauts et l’urgence d’agir pour éviter que le bilan humain et matériel ne s’alourdisse.

Etienne Kankwende/ Rédaction 

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