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Réforme constitutionnelle : Pour Mbiye, certains pasteurs parlent sans rien maîtriser
By GéantRadio
Published on 11/05/2026 18:29
RELIGION

À l’occasion du culte dominical tenu à l’église Cité Bethel, le pasteur Moïse Mbiye a livré un message sans détour à l’endroit des responsables religieux congolais. Il les a appelés à soutenir les institutions de la République et le Chef de l’État, mais uniquement dans une perspective guidée par l’intérêt supérieur de la population.

Devant ses fidèles, l’homme de Dieu a pointé du doigt certaines dérives observées dans les milieux religieux. Il déplore une tendance croissante où des leaders d’églises se rapprochent des sphères du pouvoir pour des bénéfices personnels, au détriment de leur mission première.

« Le rôle de l’Église est d’agir et de communiquer pour l’intérêt du peuple. Nous ne sommes pas appelés à soutenir un individu pour obtenir des faveurs ou un accès privilégié », a martelé le pasteur Moïse Mbiye.

Le prédicateur s’est également exprimé sur le débat actuel concernant une éventuelle révision de la Constitution. Il regrette que plusieurs voix qui alimentent la polémique ne maîtrisent pas, selon lui, les textes qu’elles prétendent défendre.

Dans son intervention, il a révélé être régulièrement approché par d’autres pasteurs qui proposent de monter des structures de soutien politique. L’objectif, dénonce-t-il, serait d’obtenir des avantages financiers ou de se rapprocher des décideurs. Une pratique qu’il condamne fermement.

Moïse Mbiye a toutefois rappelé qu’il prie pour le président de la République et accompagne les institutions, conformément à la mission spirituelle de l’Église. Mais il insiste : cet accompagnement ne doit jamais se transformer en allégeance aveugle. La boussole doit rester le bien-être collectif, la paix sociale et l’éducation citoyenne.

Ce lundi, invité sur Top Congo FM, le responsable de Cité Bethel est revenu en détail sur ses propos. Il a précisé que toute réforme de la loi fondamentale ne peut se justifier que si elle sert exclusivement les intérêts du peuple congolais. Les ambitions individuelles ou les calculs politiques ne doivent pas dicter un tel processus.

Pour rendre son message plus concret, il a cité l’exemple de son propre ministère. « J’ai moi-même modifié certains statuts de Cité Bethel. Pourquoi ? Pour les adapter aux réalités actuelles et mieux servir la communauté », a-t-il expliqué.

Le pasteur a résumé sa position en une formule claire : « Si la Constitution doit changer pour le bien du peuple, pour garantir la paix, favoriser le développement et assurer la stabilité du pays, alors il faut la changer. Mais si ce n’est pas pour l’intérêt du peuple, il ne faut pas la changer. »

Par cette sortie, Moïse Mbiye lance un appel plus large. Il invite pasteurs, prêtres, imams et tous les guides spirituels à adopter un discours responsable, documenté et orienté vers le bien commun. Selon lui, les leaders religieux ont une influence majeure sur l’opinion. Ils doivent donc éviter l’instrumentalisation et privilégier l’éducation civique, la cohésion nationale et la défense des plus vulnérables.

Yves Sayo 

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