Le Secrétaire Général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a tenu une conférence de presse ce lundi 11 mai, marquée par des déclarations offensives à l’endroit de plusieurs figures de l’opposition et du président rwandais Paul Kagame. Président a.i. du parti présidentiel et député national, il a profité de cette prise de parole pour réaffirmer la ligne politique de l’UDPS et défendre le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Répondant à Martin Fayulu, qui affirmait récemment avoir « ressuscité l’UDPS en 2010 », Augustin Kabuya a été catégorique : « Martin Fayulu n’a pas de poids politique, il est l’ombre de lui-même. Je le maîtrise bien ». Pour le SG de l’UDPS, l’opposant doit sa notoriété au parti : « Quand il venait à l’UDPS, on le classait dans la catégorie des acteurs politiques mineurs car il n’avait aucun poids politique. C’est l’UDPS qui a fabriqué Martin Fayulu ».
Il a rappelé l’épisode politique lié à André Kimbuta et Adam Bombole : « Fayulu doit dire merci à l’UDPS. Le problème d’André Kimbuta et d’Adan Bombole alimentait le débat politique de notre pays. Fayulu ne savait plus où aller. C’est grâce à son amie Wivine Moleka qu’il a retrouvé une efficacité pour être accepté auprès de la population ». Augustin Kabuya a conclu sur ce point : « Fayulu a menti ».
Le président a.i. de l’UDPS a également ciblé Delly Sessanga. Il l’accuse de manquer de transparence et promet des révélations si l’opposant garde le silence. « Qu’il dise clairement pour qui il roule. C’est un frustré », a-t-il lancé. « Je renvoie directement la presse vers Sessanga afin qu’il explique clairement au nom de quels intérêts il agit réellement. S’il refuse de le faire, je serai contraint de dévoiler toute la vérité », a averti Augustin Kabuya, affirmant connaître « le véritable mentor » de l’opposant.
S’agissant d’Olivier Kamitatu, proche de Moïse Katumbi, le ton n’a pas été moins tranchant. « Ce n’est qu’un garçon de course et porteur de mallette de Moïse Katumbi », a déclaré le SG de l’UDPS, balayant d’un revers de main la légitimité politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale.
Augustin Kabuya a saisi l’occasion pour vanter la gouvernance du chef de l’État. « Il n’y a aucun président dans ce pays qui a géré le Congo sans esprit tribal comme son excellence Félix Tshisekedi », a-t-il soutenu.
Revenant sur la période de cohabitation avec Joseph Kabila après 2019, il a justifié la stratégie de l’UDPS : « Joseph Kabila est sérieux. Il a observé la situation avant de céder le pouvoir à l’UDPS. À l’époque, il fallait faire preuve de sagesse et de retenue dans la manière de le gérer. Nous avons volontairement adopté un profil bas, car il conservait encore le contrôle de l’armée et de l’ensemble des leviers du pouvoir. C’était un choix de haute politique : éviter toute confrontation brutale. Nous avons privilégié la stratégie et la patience. Aujourd’hui, cette approche a porté ses fruits puisque nous avons maintenant l’effectivité du pouvoir. »
Élu député national, Augustin Kabuya affirme exercer pleinement son mandat parlementaire. « Je traite beaucoup de dossiers à l'Assemblée nationale sans faire de bruit. Je traite dans le groupe », a-t-il précisé, répondant aux critiques sur son action législative.
Le Secrétaire Général a clairement défini les cibles de sa communication politique actuelle. « Je ne suis pas venu pour contredire le chef de l'État. Moi, mon problème, c'est Fayulu, Sessanga, Kagame et Nangaa », a-t-il martelé devant la presse.
Cette sortie musclée intervient dans un contexte de tension croissante entre l’UDPS et plusieurs figures de l’opposition congolaise. Par ses propos directs, Augustin Kabuya entend recadrer le débat politique et réaffirmer le leadership de son parti sur la scène nationale, tout en adressant un message ferme aux acteurs politiques et régionaux qu’il considère comme hostiles au pouvoir en place.
La conférence de presse de ce lundi confirme une stratégie de confrontation assumée par le parti présidentiel, à l’approche des prochaines échéances politiques majeures en RDC.
Yves Sayo