Ce vendredi 8 mai 2026, le Sénat a entamé l’examen en seconde lecture des Accords de Washington, après leur adoption en première lecture à l’Assemblée nationale.
Il s’agit de deux projets de loi portant ratification de l’Accord de paix RDC–Rwanda et de l’Accord de partenariat stratégique RDC–USA, signés sous les auspices des États-Unis d’Amérique.
Accompagnée de son collègue en charge des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, la Ministre d’État, Ministre des Affaires Étrangères, Coopération Internationale, Francophonie et Congolais de la Diaspora, Thérèse Kayikwamba Wagner, a présenté et défendu ces textes devant la Chambre haute.
Selon la cheffe de la diplomatie congolaise, l’Accord stratégique RDC–USA établit un cadre structuré de coopération dans des secteurs clés : les minéraux critiques, l’énergie, les infrastructures et la sécurité.
Ce partenariat prévoit des mécanismes conjoints de suivi et d’évaluation, dans le strict respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Concernant l’Accord de paix RDC–Rwanda, conclu le 27 juin 2025, il vise la cessation immédiate des hostilités, le respect de l’intégrité territoriale, le désengagement progressif des forces et la mise en place d’une coordination sécuritaire bilatérale.
L’objectif est d’instaurer une stabilité durable dans la région des Grands Lacs, après plusieurs décennies de tensions et de violences récurrentes.
Le 4 décembre de l’année dernière, le président Donald J. Trump a présidé la signature des Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda.
Pour l’administration américaine, cet instrument « historique » renforce les engagements pris pour mettre fin aux conflits, favoriser la coopération économique et jeter les bases d’une paix durable.
Selon le Département d’État américain, les Accords de Washington réaffirment la volonté des parties de mettre en œuvre l’accord de paix conclu à Washington le 27 juin 2025.
Ils concrétisent également la vision du Cadre d’intégration économique régionale (REIF), afin de créer une feuille de route ambitieuse pour la paix, la sécurité et une croissance économique sans précédent.
La RDC et le Rwanda ont signé le REIF, présenté comme une initiative bilatérale novatrice destinée à libérer le vaste potentiel économique de la région des Grands Lacs.
Ce cadre doit aussi créer des opportunités concrètes pour le secteur privé américain et attirer des investissements structurants dans les deux pays.
Le président Félix Tshisekedi a signé au nom du gouvernement de la RDC, et le président Paul Kagame au nom du gouvernement du Rwanda.
La cérémonie s’est tenue en présence du président togolais Faure Gnassingbé, du président angolais João Lourenço, du président burundais Évariste Ndayishimiye et du président kényan William Ruto.
Étaient également présents le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, la vice-présidente ougandaise, Jessica Alupo, le ministre d’État qatari, Mohammed Al Khulaifi, et le ministre d’État émirati, Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan.
Outre les Accords de Washington, plusieurs instruments bilatéraux ont été signés sous l’égide du secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
Il s’agit de l’Accord de partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, du protocole d’accord sur un partenariat élargi en matière de sécurité entre les deux pays, ainsi que du Cadre États-Unis–Rwanda pour une prospérité économique partagée.
Pour l’administration Trump, ces accords et les initiatives associées représentent un engagement international commun visant à transformer la région des Grands Lacs en un modèle de paix, de stabilité et d’opportunités économiques.
En s’attaquant aux causes profondes du conflit, en favorisant la confiance et en renforçant la coopération économique, la RDC et le Rwanda prennent des mesures audacieuses pour bâtir un avenir meilleur pour leurs citoyens.
Le gouvernement congolais insiste sur le caractère mutuellement bénéfique de ces textes et sur les garanties obtenues en matière de respect de la souveraineté.
Les débats au Sénat porteront sur les implications juridiques, économiques et sécuritaires de la ratification avant le vote final de la Chambre haute.
L’examen en commissions permettra d’auditionner des experts et de préciser les mécanismes de mise en œuvre prévus par les deux accords.
Une fois ratifiés, les Accords de Washington entreront dans l’ordonnancement juridique interne et rendront opérationnels les engagements pris au niveau international.
Les autorités congolaises espèrent une adoption rapide afin de lancer les premiers projets liés aux minéraux critiques, aux infrastructures énergétiques et à la coordination sécuritaire transfrontalière.
La communauté internationale observe avec attention cette étape parlementaire, considérée comme déterminante pour la stabilisation de l’Est de la RDC.
Le Sénat devrait rendre sa décision dans les prochains jours, à l’issue des travaux en plénière et du rapport de la commission mixte Relations extérieures, Défense et Sécurité.
Lambert Mwamba