Ce jeudi 7 mai 2026, les rues de Kalemie ont été le théâtre d’une importante marche républicaine initiée par les habitants et les forces vives de la ville. L’objectif affiché de cette mobilisation citoyenne : dénoncer fermement ce que les manifestants qualifient de « tentatives répétées de déstabilisation » visant le gouvernement provincial du Tanganyika, actuellement dirigé par le gouverneur Christian Kitungwa Muteba.
Encadrés par les services de sécurité, des milliers de participants, issus de la société civile, des confessions religieuses, des associations de jeunes, des mouvements féminins et des structures socioprofessionnelles, ont battu le pavé dans le calme. Les slogans et les banderoles brandis tout au long du parcours appelaient à l’unité, à la paix et à la préservation de la stabilité institutionnelle dans la province.
Au cœur des revendications, les marcheurs ont pointé du doigt certains acteurs politiques qu’ils accusent de promouvoir une « politique de l’échec ». Selon eux, ces manœuvres politiciennes, motivées par des intérêts partisans, risquent de compromettre les efforts de développement en cours et de plonger le Tanganyika dans une instabilité préjudiciable aux populations.
La marche a abouti au siège de l’Assemblée provinciale du Tanganyika. Là, une délégation des forces vives a été reçue par le vice-président de l’institution, Alvar Lubuli. Un mémorandum détaillant les griefs et les recommandations de la population lui a été officiellement remis.
Dans ce document, les signataires réaffirment leur attachement au respect de l’ordre institutionnel établi. Ils exhortent l’ensemble de la classe politique provinciale à privilégier le dialogue, la cohésion et l’intérêt supérieur du Tanganyika, au-delà des clivages et des ambitions personnelles. Le mémorandum dénonce également des « campagnes d’intoxication » destinées à manipuler l’opinion publique et à fragiliser la gouvernance locale.
Cette démonstration de force intervient dans un climat politique particulièrement agité. La veille, mercredi 6 mai 2026, plusieurs centaines de femmes avaient elles aussi manifesté dans les rues de Kalemie. À l’inverse, ce collectif réclamait le départ du gouverneur Christian Kitungwa Muteba, l’accusant ouvertement d’incompétence et de mauvaise gestion de la province.
Face à ces deux mobilisations aux revendications diamétralement opposées, le Tanganyika semble traverser une période de fortes turbulences politiques. D’un côté, les partisans du gouverneur défendent la continuité et la stabilité. De l’autre, ses détracteurs exigent une alternance à la tête de l’exécutif provincial.
Interrogés en marge de la manifestation, plusieurs leaders de la société civile ont insisté sur la nécessité de préserver les acquis démocratiques. « Le Tanganyika a besoin de stabilité pour attirer les investisseurs et poursuivre les chantiers de développement. Les querelles politiciennes ne doivent pas prendre le dessus sur l’intérêt de la population », a déclaré un coordonnateur associatif.
Les forces vives disent craindre une instrumentalisation des institutions provinciales à des fins politiques. Elles appellent les députés provinciaux, la justice et le gouvernement central à jouer pleinement leur rôle d’arbitre afin d’éviter tout dérapage.
Le vice-président de l’Assemblée provinciale, Alvar Lubuli, a promis de transmettre le mémorandum au bureau de l’Assemblée pour examen. Il a également salué le caractère pacifique de la marche et appelé toutes les parties au sens des responsabilités.
Du côté du gouvernorat, aucune déclaration officielle n’avait encore été rendue publique à la clôture de la manifestation. Les observateurs estiment que la balle est désormais dans le camp des institutions provinciales et nationales, appelées à désamorcer cette crise politique naissante.
Lambert Mwamba