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Salaire impayé, accès refusé : Le personnel administratif de l'Assemblée Nationale mis au ban
By GéantRadio
Published on 08/05/2026 11:40
POLITIQUE

La tension monte d’un cran au Palais du Peuple. Ce vendredi 8 mai 2026, le Président de l'Assemblée nationale a pris une décision sans précédent. En réaction à la grève sèche entamée par le personnel administratif, il a ordonné l’interdiction immédiate d’accès à l’enceinte de l’institution pour tous les agents impliqués dans le mouvement.

Depuis le début de la semaine, les activités administratives de l’Assemblée nationale sont fortement perturbées. Le personnel administratif a lancé une grève sèche pour protester contre le non-paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire et de primes. Les grévistes dénoncent également la vétusté du matériel de travail et l’absence de dialogue avec la hiérarchie. Cette grève sèche implique un arrêt total de travail. Aucun document n’est traité, les courriers s’accumulent et la préparation des séances plénières est compromise. La paralysie gagne progressivement tous les services de l’institution.

Face à cette situation, le Président de l’Assemblée nationale a signé une note circulaire ce matin. Le document, adressé à la direction de la sécurité du Palais du Peuple, stipule que tout agent administratif ayant adhéré à la grève se voit interdire l’accès au site. D’après le Bureau de l’Assemblée, cette mesure poursuit trois buts essentiels. Il s’agit d’abord de préserver l’ordre public à l’intérieur de l’enceinte parlementaire, ensuite de garantir un service minimum avec le personnel non gréviste réquisitionné, et enfin d’affirmer l’autorité de l’institution face à un mouvement jugé préjudiciable au bon fonctionnement de l’État.

La mesure est entrée en vigueur immédiatement. Les services de sécurité ont reçu des listes nominatives du personnel gréviste et un contrôle strict des badges est désormais effectué à chaque entrée du Palais du Peuple. Seules les catégories suivantes restent autorisées à pénétrer dans l’enceinte : les députés nationaux, les membres des cabinets politiques, les agents non grévistes munis d’un ordre de mission signé, ainsi que les visiteurs dûment accrédités. Toute tentative de forcer l’accès exposera l’agent concerné à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à la révocation.

La réponse syndicale ne s’est pas fait attendre. Le principal syndicat du personnel administratif a qualifié la décision de provocation et de violation flagrante du droit de grève garanti par la Constitution. Lors d’un point de presse tenu à midi, le secrétaire général du syndicat a déclaré qu’on ne peut pas affamer des agents pendant des mois et ensuite leur interdire de venir sur leur lieu de travail. Le syndicat maintient la grève sèche et appelle ses membres au calme. Les revendications restent inchangées et portent sur le paiement intégral de quatre mois d’arriérés de salaire et de primes de rendement, la dotation urgente en fournitures et équipements de bureau, ainsi que la mise en place d’un cadre permanent de concertation avec le Bureau de l’Assemblée.

Les conséquences de ce bras de fer sont déjà visibles. Plusieurs réunions de commissions ont été annulées faute de procès-verbaux et de logistique. Le service de la séance peine à préparer les dossiers pour la prochaine plénière. Le Bureau de l’Assemblée se veut rassurant et affirme avoir mobilisé une équipe restreinte pour assurer les tâches essentielles. Cependant, des sources internes évoquent un risque réel de blocage si la crise perdure au-delà de la semaine prochaine.

Des voix s’élèvent des deux côtés de l’hémicycle pour demander une désescalade. Des députés de la majorité comme de l’opposition plaident pour une médiation pilotée par le ministère du Budget et celui de la Fonction publique. L’enjeu dépasse le simple cadre salarial. Il s’agit de définir l’équilibre entre le droit de grève des agents publics et l’impératif de continuité des institutions de la République.

Une réunion tripartite entre le Bureau de l’Assemblée, les délégués syndicaux et les représentants du gouvernement est attendue en début de semaine prochaine. L’objectif est d’éviter une paralysie totale à l’approche de la session parlementaire ordinaire qui doit s’ouvrir dans dix jours. D’ici là, le Palais du Peuple reste sous haute surveillance. L’accès demeure strictement filtré, et le personnel administratif gréviste campé à l’extérieur continue de faire entendre ses revendications.

Yves Sayo 

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