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RDC: le piège du référendum de Tshisekedi dénoncé par Sesanga
By GéantRadio
Published on 07/05/2026 10:39
POLITIQUE

La scène politique congolaise s’est tendue ce soir après la sortie remarquée de Delly Sesanga. Le président du parti Envol n’a pas mâché ses mots : pour lui, « les masques sont tombés ». Il accuse directement le président Félix Tshisekedi de préparer le terrain à une révision constitutionnelle qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat, non pas par les urnes classiques, mais par un référendum populaire. 

Cette stratégie, qualifiée de « plébiscite » par Sesanga, marquerait selon lui un tournant dangereux. « La RDC ne peut entrer dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir », a-t-il martelé. L’opposant voit dans les récents signaux politiques une volonté assumée de contourner la limitation des mandats inscrite dans la Constitution de 2006.  

La question du troisième mandat est un sujet explosif en RDC. L’article 220 de la Constitution verrouille le nombre et la durée des mandats présidentiels. Toute tentative de modification est perçue par l’opposition et une partie de la société civile comme une menace directe contre l’alternance démocratique.  

Depuis plusieurs mois, des voix proches de la majorité présidentielle évoquent la nécessité d’adapter la loi fondamentale aux « réalités actuelles ». Des déclarations interprétées par l’opposition comme des ballons d’essai. La sortie de Delly Sesanga intervient donc dans un climat de suspicion croissante.  

Pourquoi parler de « plébiscite » ? Pour Sesanga, le pouvoir chercherait à court-circuiter le Parlement et à s’adresser directement au peuple, en présentant la révision comme une réponse aux attentes populaires. Une démarche qui, sous couvert de démocratie directe, permettrait de personnaliser le débat autour de la figure du chef de l’État.  

« Ce n’est plus de la gouvernance, c’est une dérive », insiste le leader d’Envol. Il rappelle les crises qu’a connues le pays lors des tentatives de modification constitutionnelle sous Joseph Kabila entre 2014 et 2016. Ces épisodes avaient entraîné des manifestations meurtrières et un isolement diplomatique.   

Face à ce qu’il décrit comme une « manœuvre à découvert », Delly Sesanga appelle à un sursaut. « Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive », lance-t-il. L’appel s’adresse aux partis d’opposition, à la société civile, aux confessions religieuses et à la communauté internationale.  

L’objectif : créer un front républicain pour défendre l’ordre constitutionnel et éviter que la RDC ne bascule dans un régime hyper-présidentiel. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont déjà réagi, demandant plus de clarté de la part de la Présidence sur ses intentions réelles.   

Du côté de l’Union Sacrée, la coalition au pouvoir, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. Ce silence alimente les spéculations. Certains analystes estiment que le camp présidentiel teste l’opinion avant de dévoiler sa stratégie. D’autres y voient une volonté de laisser planer le doute pour diviser l’opposition.  

Si la perspective d’un référendum se confirmait, elle redessinerait complètement l’agenda politique d’ici 2028, date de la prochaine élection présidentielle. Le débat ne porterait plus sur le bilan ou le projet de société, mais sur la conservation du pouvoir par un homme.  

Pour Delly Sesanga, l’heure n’est plus aux conjectures. Il exige un engagement public de Félix Tshisekedi à respecter la Constitution et à quitter le pouvoir au terme de son second mandat. Faute de quoi, prévient-il, la rue pourrait redevenir le seul arbitre.  

Yves Sayo 

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