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Tshisekedi lâche une bombe : Sans le Nord-Kivu, il n’y aura pas de président élu
By GéantRadio
Published on 07/05/2026 08:57
POLITIQUE

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé sa volonté de mettre un terme « dans les plus brefs délais » au conflit armé qui ravage l’Est du territoire. Il conditionne toutefois l’organisation du scrutin présidentiel et législatif de 2028 à une stabilisation sécuritaire effective dans cette région. 

S’exprimant sans détour, le chef de l’État a indiqué que les ressources financières nécessaires à la tenue des élections sont d’ores et déjà disponibles. Il écarte cependant l’hypothèse d’un processus électoral amputé des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, épicentres des violences. 

« Cette guerre, nous voulons la terminer le plus rapidement possible. Si nous n’y parvenons pas, nous ne pourrons malheureusement pas organiser les élections en 2028. Mais ce ne sera pas parce que j’aurai refusé de les tenir. Les moyens sont là, nous pouvons le faire. On ne peut cependant pas organiser un scrutin sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu », a déclaré Félix Tshisekedi. 

Pour illustrer son propos, le président congolais a établi un parallèle avec la situation en Ukraine : « Regardez l’Ukraine. Des élections auraient dû s’y tenir depuis deux ans, mais la communauté internationale a compris que le président Zelensky ne pouvait pas les organiser. Comment le pourrait-il avec, en quelque sorte, un couteau sous la gorge ? »

Félix Tshisekedi a tenu à dissiper toute ambiguïté sur ses intentions politiques. Il affirme ne pas chercher à se maintenir au pouvoir au-delà du cadre constitutionnel, mais à servir la nation « avec toute mon énergie, jusqu’au moment où je passerai la main ». Il a conclu : « Tant que cette guerre continuera, mon combat continuera ».

Du côté de la Commission électorale nationale indépendante, la position demeure inchangée : l’institution se dit prête à respecter les délais constitutionnels, à condition que l’exécutif assume pleinement ses responsabilités. « Cela fait aujourd’hui un an et 25 jours. Notre vision reste la même pour l’organisation de ces élections. Bien que certains délais soient déjà largement dépassés, nous pensons que la République fera un effort, car la CENI est tenue de respecter le délai constitutionnel », a rappelé Didi Manara, deuxième vice-président de la CENI, fin avril à Kinshasa lors d’une conférence de presse. 

La société civile maintient la pression sur la CENI pour l’application stricte de sa feuille de route 2025-2029. De leur côté, plusieurs figures de l’opposition se disent prêtes pour l’échéance de 2028, rappelant que la Constitution interdit à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. L’année 2028 marquera en effet la fin de son second et dernier quinquennat.

L’équation reste donc posée : sans retour à la paix dans les Kivu, le calendrier électoral pourrait être compromis, malgré la disponibilité des fonds et la détermination affichée par la CENI. Le gouvernement devra conjuguer impératif sécuritaire et exigence démocratique dans les mois à venir.

Yves Sayo 

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