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Troisième mandat : Mwilanya tacle Tshisekedi, « il n’en est pas à son premier coup d’État »
By GéantRadio
Published on 09/05/2026 09:16
POLITIQUE

Échange entre Néhémie Mwilanya Wilondja, haut cadre du PPRD et proche de l’ex-président Joseph Kabila, et des journalistes de DW sur l’hypothèse d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi  

Néhémie Mwilanya Wilondja, s’adressant au président Félix-Antoine Tshisekedi :  

Les choses sont désormais claires : les masques tombent. Il ne fait plus aucun doute que le chef de l’État cherche à réaliser un coup d’État constitutionnel. Ce ne serait d’ailleurs pas sa première tentative.  

Éric Topona, journaliste DW :  

Pourtant, le président Tshisekedi évoque l’organisation d’un référendum constitutionnel. Cette procédure est légale et bel et bien prévue par la Loi fondamentale, non ?  

Néhémie Mwilanya Wilondja :  

La Constitution encadre strictement le recours au référendum et ne le prévoit que dans trois cas précis.  

- Premier cas : une révision constitutionnelle.  

- Deuxième cas : l’adjonction ou le retrait de territoires nationaux.  

- Troisième cas : le déplacement de la capitale.  

En dehors de ces trois hypothèses, aucune base juridique ne permet d’organiser le référendum qu’il envisage.  

Éric Topona, journaliste DW :  

Considérez-vous donc que cette réforme constitutionnelle projetée est illégale ?  

Néhémie Mwilanya Wilondja :  

C’est précisément pour cela que je parle de coup d’État. Le président sait que la Constitution lui interdit formellement de briguer plus de deux mandats. Son objectif réel est d’instaurer une présidence à vie.  

Nancy Tshimueneka, journaliste DW :  

En 2016, sous Joseph Kabila, le pays a connu un contexte similaire. On parlait déjà de révision constitutionnelle et de dialogue national. En quoi la situation actuelle diffère-t-elle ?  

Néhémie Mwilanya Wilondja :  

La différence se situe à trois niveaux essentiels.  

Premièrement, le président Joseph Kabila ne s’est jamais prononcé, en fin de mandat, en faveur d’un changement de Constitution, d’une révision ou d’un troisième mandat.  

Éric Topona, journaliste DW :  

L’ancien président Joseph Kabila avait néanmoins été accusé de vouloir opérer un « glissement » pour se maintenir au pouvoir, même si cela n’a pas abouti. Aujourd’hui, le président Tshisekedi envisagerait un scénario comparable, en invoquant l’insécurité dans l’Est du pays. Qu’en pensez-vous ?  

Néhémie Mwilanya Wilondja :  

Cette comparaison est inexacte. Le président Kabila n’a jamais envisagé de glissement. C’est justement ce que je m’efforce de clarifier.  

Éric Topona, journaliste DW :  

Il y avait tout de même des velléités, des intentions prêtées à l’ancien régime ?  

Néhémie Mwilanya Wilondja :  

Des « velléités invisibles », peut-être ? Je l’ignore. Mais dans le cas présent, il n’y a aucune ambiguïté ni le moindre doute sur les intentions affichées.   

Pour Néhémie Mwilanya, ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, la démarche actuelle du chef de l’État s’apparente à une manœuvre anticonstitutionnelle visant à prolonger son pouvoir au-delà des deux mandats autorisés. Il oppose cette situation à celle de 2016, soulignant que Joseph Kabila n’avait jamais officiellement soutenu une modification de la Constitution pour se maintenir. L’entretien met ainsi en lumière deux lectures divergentes des crises politiques en RDC : « glissement » contesté hier, « coup d’État constitutionnel » dénoncé aujourd’hui.

Yves Sayo 

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