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Scandale à Kolwezi : Hervé Muyej encaisse, des veuves nettoient l’hôpital gratis depuis 1 an
By GéantRadio
Published on 30/04/2026 23:00
SOCIÉTÉ

La tension est montée d’un cran ce lundi 27 avril 2026 à l’Hôpital Général de Référence Mwangeji, à Kolwezi. Femmes et hommes affectés à l’entretien de l’établissement hospitalier ont manifesté pour exiger le paiement immédiat et inconditionnel de 12 mois d’arriérés de salaires.

Pour se faire entendre, les agents d’entretien se sont rendus au bureau de l’entreprise de sous-traitance "NOVA", qui les emploie depuis 2022 sur le site de Mwangeji. Vêtus de leurs tenues de travail, ils ont organisé un sit-in pacifique devant les installations de la société.

Sur place, aucune avancée n’a été obtenue, selon les manifestants. Leur démarche s’est heurtée à l’absence des responsables et à un silence qu’ils jugent méprisant.

D’après les témoignages recueillis, la situation s’est complexifiée après la résiliation du contrat liant NOVA à la direction de l’HGR Mwangeji.

"Nous travaillons comme ménagères et agents d’entretien à l’hôpital Mwangeji depuis 2022. À notre grande surprise, le responsable de l’entreprise NOVA, Monsieur Hervé Muyej, qui nous a employés durant tout ce temps, est allé résilier le contrat avec le médecin directeur de Mwangeji, Docteur Fanny Malonga", explique une manifestante sous couvert d’anonymat.

"Malheureusement pour nous, à chaque tentative de réclamation de nos arriérés de salaires, la réponse a toujours été négative. On nous renvoie systématiquement au ministère provincial des Finances", poursuit-elle.

Parmi les grévistes, nombreuses sont des femmes, pour la plupart veuves et cheffes de ménage. Privées de revenus depuis un an, elles disent ne plus être en mesure de subvenir aux besoins fondamentaux de leurs familles : loyer, scolarité des enfants, soins de santé et alimentation.

"Nous nettoyons les salles d’opération, les pavillons des malades, nous gérons les déchets biomédicaux. Nous sommes exposées chaque jour, mais on nous traite comme si nous n’existions pas. 12 mois sans salaire, c’est inhumain", dénonce une autre agente.

Ce lundi, le manager de l’entreprise NOVA, Hervé Muyej, ainsi que l’ensemble de son équipe, étaient introuvables sur leur lieu de travail habituel. Une source proche du dossier évoque une journée "déclarée hors service" par l’entreprise, sans préavis aux agents.

Cette absence prolonge l’impasse et alimente la colère des employés qui estiment être pris en étau entre NOVA, la direction de l’hôpital et le ministère provincial des Finances. Aucun de ces acteurs n’a, à ce stade, proposé un calendrier de paiement clair.

Face au blocage, les agents d’entretien sollicitent désormais l’implication directe de l’autorité provinciale. Ils demandent à la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, d’intervenir personnellement pour débloquer la situation et garantir le respect de leurs droits.

"Ils nous disent d’aller au ministère des Finances, mais nous n’avons jamais signé de contrat avec le ministère. Notre employeur, c’est NOVA. Nous demandons à Maman la Gouverneure de s’impliquer pour que justice soit faite", martèle un porte-parole du collectif.

Au-delà du drame social, ce mouvement de grève fait peser un risque sérieux sur l’hygiène et la salubrité de l’HGR Mwangeji. L’absence du personnel d’entretien dans un établissement de cette envergure pourrait rapidement compromettre la qualité des soins et exposer patients et soignants à des risques sanitaires majeurs.

Les manifestants assurent toutefois qu’un service minimum sera discuté, "par humanisme", mais préviennent que la mobilisation se poursuivra jusqu’au paiement intégral des 12 mois d’arriérés.

 

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