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ONEM-ARSP : L’alliance choc qui va secouer la sous-traitance et créer des milliers d’emplois en RDC
By GéantRadio
Published on 27/04/2026 13:00
SOCIÉTÉ

Le marché du travail congolais franchit une étape décisive. Le Directeur général de l’Office National de l’Emploi, Fanon Beya, et le Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le secteur privé, Miguel Kashal, ont signé ce vendredi à Kinshasa un protocole d’accord inédit destiné à renforcer la collaboration entre leurs deux institutions.

L’objectif affiché est de structurer et de professionnaliser le secteur de la sous-traitance pour en faire un moteur puissant de création d’emplois durables.

La signature de cet accord s’inscrit dans un contexte de réformes profondes du marché de l’emploi en République démocratique du Congo. Longtemps considérée comme un segment opaque, la sous-traitance est désormais identifiée par les pouvoirs publics comme un levier stratégique pour réduire le chômage, notamment chez les jeunes et les diplômés. Ce partenariat entre l’ONEM et l’ARSP marque ainsi un tournant majeur dans la gouvernance de ce secteur en pleine expansion.

Le protocole met en place un cadre permanent de concertation et d’actions conjointes entre les deux structures. Il repose sur trois axes fondamentaux. Le premier concerne l’instauration d’un dispositif intégré de monitoring. Ce mécanisme mutualisé permettra de collecter, de vérifier et d’analyser en temps réel les données relatives aux emplois générés par les entreprises de sous-traitance, mettant fin aux estimations approximatives qui prévalaient jusqu’ici.

Le deuxième axe porte sur la fiabilisation des statistiques du secteur. L’accord prévoit la production d’indicateurs précis, actualisés et directement exploitables par les décideurs publics. Ces données deviendront une boussole essentielle pour ajuster les politiques nationales en matière d’emploi, de formation professionnelle et d’insertion des demandeurs d’emploi sur le marché du travail.

Le troisième pilier vise le renforcement du contrôle et de la conformité réglementaire. L’ONEM et l’ARSP s’engagent à intensifier les inspections afin de garantir l’application stricte des textes en vigueur. Une attention particulière sera portée à la promotion de la main-d’œuvre locale et à la lutte contre l’informalité, qui continue de priver l’État de recettes fiscales et les travailleurs de protection sociale.

Pour Fanon Beya, cet accord offre à l’ONEM une visibilité inédite sur les flux réels d’emplois créés dans la sous-traitance, un secteur qui compte aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de contrats à travers le pays. Miguel Kashal a, pour sa part, souligné l’urgence d’assainir l’écosystème de la sous-traitance afin qu’il bénéficie prioritairement aux Congolais. Les pratiques de prête-nom, de sous-déclaration d’effectifs et de contournement des quotas de main-d’œuvre locale sont désormais dans le viseur des deux institutions.

À moyen terme, l’ONEM et l’ARSP ambitionnent de déployer une plateforme numérique commune. Ce système d’information interconnecté aura pour mission de cartographier, province par province, les opportunités d’emploi liées à la sous-traitance. Demandeurs d’emploi, centres de formation et investisseurs disposeront ainsi d’une base de données fiable pour orienter leurs décisions. L’outil permettra également d’évaluer l’impact socio-économique réel des contrats de sous-traitance sur les communautés locales.

Par cette initiative, les deux institutions traduisent une volonté commune de passer d’une gestion administrative à une gouvernance moderne, inclusive et axée sur les résultats concrets. La valorisation des compétences locales et la création d’emplois décents et durables constituent le cœur de cette démarche.

Les premières actions conjointes sont attendues dès le mois de mai 2026. Des missions de terrain seront organisées dans les zones minières du Haut-Katanga et du Lualaba, où la densité des activités de sous-traitance est particulièrement élevée. Des comités techniques mixtes seront également installés pour assurer un suivi trimestriel des engagements pris par chaque partie.

Ce protocole d’accord pourrait bien servir de modèle pour d’autres collaborations interinstitutionnelles, à l’heure où la RDC s’efforce de maximiser les retombées locales de ses grands projets d’investissement et de bâtir un marché de l’emploi plus transparent, plus équitable et plus performant.

Yves Sayo 

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