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Lois ignorées, salariés brisés : Qui profite du chaos psychosocial dans les entreprises congolaises ?
By GéantRadio
Published on 25/04/2026 12:50
SOCIÉTÉ

La Fondation Bethel International lance un appel fort aux entreprises établies en République démocratique du Congo pour instaurer des environnements professionnels sains et sécurisés, avec une attention renforcée portée aux risques psychosociaux qui touchent les salariés.

Cet appel a été lancé à l’occasion d’un atelier stratégique organisé en partenariat avec la Fédération des entreprises du Congo, la FEC, en marge de la Journée internationale de la sécurité et de la santé au travail, commémorée le 24 avril de chaque année à travers le monde.

L’événement a réuni des représentants du secteur privé, des organisations de la société civile et des partenaires institutionnels autour d’une problématique devenue majeure dans le monde du travail moderne, à savoir la prise en compte de la santé mentale et du bien-être psychosocial des employés.

Lors de son intervention, le représentant pays de la Fondation Bethel International, Oscar Oyongo, a insisté sur la nécessité d’appliquer rigoureusement les textes légaux en vigueur en matière de sécurité et de santé au travail. Il a également plaidé pour la mise en place d’un dialogue social renforcé.

Selon Oscar Oyongo, l’amélioration durable des conditions de travail passe obligatoirement par une collaboration tripartite structurée entre l’État, les employeurs et les organisations de travailleurs. Cette synergie constitue, selon lui, le socle d’un milieu professionnel à la fois productif et respectueux de la dignité humaine.

Il a déclaré que l’objectif principal demeure l’amélioration des conditions de travail pour que les milieux professionnels soient réellement sains. En tant que fondation, Bethel International travaille étroitement avec le gouvernement et milite activement pour l’opérationnalisation d’un cadre tripartite réunissant l’État, le patronat et les travailleurs.

De son côté, Mireille Edjane, qui s’exprimait au nom de la Fédération des entreprises du Congo, a dressé un constat préoccupant sur l’impact des risques psychosociaux dans le tissu économique national. Elle a souligné que des phénomènes tels que le stress chronique, l’épuisement professionnel ou les tensions interpersonnelles au sein des équipes réduisent significativement la performance globale des structures.

Mireille Edjane a expliqué que lorsqu’on aborde la question de la santé mentale en entreprise, il s’agit concrètement de stress, de dépression ou encore de burn-out, autant de facteurs qui provoquent une baisse mesurable de la productivité. Elle a ajouté que les troubles de santé mentale ne se limitent pas à l’individu mais affectent aussi les entreprises, les salariés et leurs familles.

Face à cette réalité, l’intervenante de la FEC a appelé les dirigeants d’entreprises à adopter des mesures concrètes et pérennes. Parmi les pistes évoquées figurent la mise en place de cellules d’écoute, la formation des managers à la détection des signaux faibles, l’aménagement des charges de travail et l’instauration de politiques internes de prévention.

La Fondation Bethel International estime que la RDC doit accélérer l’intégration des dimensions psychosociales dans les politiques nationales de sécurité et de santé au travail. L’organisation rappelle que la législation existe mais que son application reste insuffisante sur le terrain, notamment dans les petites et moyennes entreprises.

L’atelier a également permis de rappeler le rôle clé de l’Organisation internationale du travail, l’OIT, qui a instauré la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail célébrée chaque 24 avril. Cette journée vise à sensibiliser l’opinion publique et les décideurs sur la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles à l’échelle mondiale.

En 2026, la thématique mondiale met particulièrement l’accent sur les nouveaux risques liés à l’évolution des modes de travail, à la digitalisation et aux pressions économiques. Les experts présents à Lubumbashi ont estimé que la RDC n’échappe pas à ces mutations et doit adapter son cadre réglementaire.

Pour la Fondation Bethel International, investir dans la santé mentale des travailleurs n’est pas une dépense mais un levier de compétitivité. Des études internationales montrent qu’un euro investi dans la prévention des risques psychosociaux peut générer jusqu’à quatre euros de retour en termes de productivité et de réduction de l’absentéisme.

L’organisation appelle donc les entreprises congolaises à considérer la santé psychosociale comme un axe stratégique de gestion des ressources humaines. Elle recommande l’élaboration de plans d’action annuels, évalués par des indicateurs précis et intégrés dans le dialogue avec les partenaires sociaux.

En conclusion, les participants à l’atelier ont convenu de poursuivre les échanges au sein d’un groupe de travail technique. L’objectif est de formuler des recommandations précises à soumettre au ministère de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance Sociale avant la fin du deuxième trimestre 2026.

Yves Sayo 

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