L’Assemblée provinciale de Kinshasa a voté le 24 avril 2026 un nouvel édit pour encadrer l’activité des taxis-motos.Cette décision intervient alors que la capitale fait face à une hausse marquée des accidents de la route et à de nombreux abus constatés dans le secteur.
Le texte prévoit une mise en application effective 90 jours après sa promulgation par le gouverneur de la ville.Cette période de trois mois doit permettre aux autorités et aux professionnels de se préparer aux nouvelles exigences. Plusieurs obligations sont désormais imposées aux conducteurs de taxis-motos afin de professionnaliser le métier.
Le port du casque devient obligatoire, accompagné d’un gilet d’identification fourni ou homologué.Chaque conducteur devra disposer de deux casques, l’un pour lui-même et l’autre pour son passager. Les documents administratifs seront systématiquement contrôlés sur la route.
Il faudra présenter un permis de conduire valide, une assurance à jour, le certificat de contrôle technique du véhicule. Une autorisation spécifique de transport de personnes sera également exigée pour exercer légalement.
Le respect du code de la route est renforcé dans le nouvel édit. 
Les limitations de vitesse devront être strictement observées par tous les conducteurs. Le nombre de passagers autorisés sera limité pour éviter les surcharges dangereuses.La sobriété au guidon devient une règle non négociable, avec des contrôles prévus. L’édit instaure aussi une série d’interdictions claires pour protéger les usagers vulnérables.
Le transport d’enfants de moins de 12 ans non accompagnés est formellement interdit. Les femmes enceintes en fin de grossesse ne pourront plus être prises en charge par les taxis-motos.Les personnes en état d’ivresse manifeste ne seront pas admises sans accompagnement.
D’autres restrictions concernent certaines catégories de personnes définies par le texte.Les policiers, les militaires, les mineurs et certains étrangers sont visés par des dispositions particulières. Les détails de ces cas spécifiques seront précisés dans les mesures d’application de l’édit.
Les contrevenants s’exposent à des amendes allant de 20 000 à 1 000 000 de francs congolais. Une peine de 30 jours d’emprisonnement est prévue pour les infractions les plus graves.
En cas de récidive, les sanctions seront alourdies afin de décourager les comportements à risque.
L’objectif affiché par les autorités provinciales est triple. Il s’agit d’abord de réduire significativement le nombre d’accidents impliquant des motos-taxis.Le texte vise ensuite à structurer un secteur longtemps resté dans l’informel.Enfin, il ambitionne d’améliorer durablement la sécurité routière dans l’ensemble de la capitale.
Les autorités ont annoncé qu’une phase de sensibilisation précédera l’application stricte des sanctions.Cette campagne ciblera les conducteurs afin de vulgariser le contenu de l’édit.L’idée est de laisser le temps aux professionnels de se mettre en conformité avant les contrôles.
Les associations de motards seront associées à cette étape pédagogique pour toucher le plus grand nombre. Avec cette réforme, Kinshasa espère tourner la page de l’anarchie qui caractérise le transport à moto.
Yves Sayo