À l’occasion de l’ouverture des premiers états généraux des Postes et Télécommunications, organisés au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale à Kinshasa, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a lancé un appel pressant en faveur d’une réforme structurante et ambitieuse du secteur.
Devant un parterre de ministres, de régulateurs, d’opérateurs publics et privés, d’experts nationaux et internationaux, ainsi que de représentants de la société civile, le Chef de l’État a replacé le numérique et les télécommunications au cœur des enjeux de souveraineté nationale. Dans son allocution d’ouverture, il a martelé une conviction forte :
« Aucun État sérieux ne peut se permettre de négliger l’architecture de ses communications, la maîtrise de ses réseaux et la sécurisation de ses infrastructures critiques. C’est une question de souveraineté, de compétitivité et de sécurité collective. » 
Pour le Président Tshisekedi, les Postes et Télécommunications ne relèvent plus du simple service public. Ils constituent désormais un levier stratégique de développement, un pilier de l’économie moderne et un vecteur incontournable d’inclusion sociale. La transformation digitale de la RDC, a-t-il rappelé, ne pourra se concrétiser sans un écosystème des TIC robuste, fiable, accessible et résilient.
Loin de se limiter à un discours de circonstance, le Président de la République a assigné une mission claire aux participants de ces assises inédites. Trois livrables sont explicitement attendus à l’issue des travaux :
Il s’agit d’établir un état des lieux exhaustif et objectif. Ce diagnostic devra identifier les forces, les faiblesses, les dysfonctionnements structurels, les goulots d’étranglement réglementaires, techniques et financiers qui freinent l’essor du secteur. La couverture réseau, la qualité de service, le coût d’accès à Internet, la fracture numérique, la cybersécurité et la gouvernance des entreprises publiques seront passés au crible.
Au-delà du constat, le Chef de l’État exige des solutions. Il attend des recommandations opérationnelles, assorties d’objectifs précis, d’indicateurs de performance et d’un calendrier d’exécution réaliste. Cette feuille de route devra tracer la voie vers la modernisation des infrastructures, l’amélioration de la régulation, la stimulation de l’investissement privé et l’accélération de la transformation numérique de l’administration et de l’économie.
Pour éviter que ces états généraux ne restent lettre morte, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’institutionnaliser le dialogue entre toutes les parties prenantes. Ce mécanisme permanent de concertation devra garantir le suivi rigoureux des réformes engagées, évaluer leur impact et ajuster la stratégie nationale en fonction des évolutions technologiques et des besoins des usagers.
Cette initiative présidentielle intervient dans un contexte marqué par plusieurs urgences. La République Démocratique du Congo accuse un retard important en matière de pénétration Internet et de digitalisation des services publics. Les coûts de communication demeurent parmi les plus élevés de la sous-région, freinant l’inclusion numérique. Par ailleurs, la multiplication des cybermenaces et la dépendance technologique posent des questions cruciales de souveraineté numérique.
En convoquant ces premiers états généraux, le gouvernement entend donc poser les fondations d’une nouvelle politique sectorielle. L’objectif affiché est double : faire des Postes et Télécommunications un moteur de croissance, de création d’emplois et d’innovation, tout en garantissant la protection des données, la résilience des réseaux et l’accès universel aux services.
Le Président Tshisekedi a appelé à la responsabilité collective. Régulateur, ARPTC, opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs d’accès Internet, Poste, société civile, secteur académique et partenaires techniques et financiers sont invités à contribuer activement à cette refondation.
« Le temps des diagnostics qui dorment dans les tiroirs est révolu. Nous devons agir, et agir vite, avec méthode et détermination », a conclu le Chef de l’État, sous les applaudissements de l’assistance. 
Les travaux des états généraux se poursuivront pendant plusieurs jours en commissions thématiques. Les conclusions et recommandations seront remises officiellement au Président de la République, qui s’est engagé à en assurer personnellement le suivi au plus haut niveau de l’État.
Yves Sayo