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Sanctions USA-UE-ONU : Nangaa enterre la diplomatie et choisit le combat existentiel
By GéantRadio
Published on 18/07/2026 18:45
POLITIQUE

Nouvelle escalade verbale dans l’Est de la République démocratique du Congo. Corneille Nangaa, coordonnateur du mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo, AFC-M23, a réagi pour la première fois publiquement aux sanctions récemment adoptées contre lui par les États-Unis, l’Union européenne et le Conseil de sécurité des Nations unies.

Dans une déclaration transmise à la presse, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante a qualifié ces mesures de « sanctions politiques » et a assuré qu’elles n’entameraient pas la détermination de son mouvement.

« Il s'agit de sanctions politiques. Les Américains nous ont sanctionnés, les Européens également, ainsi que les Nations unies. Nous avons été condamnés à mort. Ce qui nous reste, c'est de nous battre pour exister. C'est pourquoi notre lutte est existentielle. Nous allons nous battre jusqu'à la fin », a déclaré Corneille Nangaa.

Des propos qui marquent un durcissement du discours du mouvement rebelle, alors que la pression diplomatique et financière s’intensifie contre les dirigeants de l’AFC-M23.

Mi-mars, Washington, Bruxelles et le Conseil de sécurité de l’ONU ont adopté en cascade des sanctions ciblées contre plusieurs cadres de l’AFC-M23. Les motifs invoqués sont identiques : soutien à la déstabilisation de l’Est de la RDC, violations des droits humains, obstruction au processus de paix de Luanda et de Nairobi, et contrôle illégal de zones minières.

Pour les pays occidentaux, ces mesures visent à geler les avoirs des personnes sanctionnées, leur interdire de voyager et couper leurs réseaux de financement. L’ONU a pour sa part inscrit Corneille Nangaa sur sa liste de personnes faisant l’objet d’un embargo sur les armes et d’un gel des avoirs.

Face à cette offensive, Corneille Nangaa choisit la confrontation politique. En présentant les sanctions comme une tentative d’élimination, il repositionne l’AFC-M23 non plus seulement comme un acteur armé, mais comme un mouvement en « sursis politique » qui n’aurait d’autre choix que de poursuivre la lutte armée.

« Nous battre pour exister » : la formule résume selon lui la doctrine du mouvement. Pour le coordonnateur, l’enjeu dépasse la question territoriale. Il s’agit de la survie même de la structure qu’il dirige et, selon ses termes, de la défense des populations qu’elle prétend représenter.

Les analystes estiment que ces sanctions, si elles isolent davantage les dirigeants de l’AFC-M23 sur le plan international, risquent aussi de fermer la porte à une solution négociée à court terme. En se disant « condamné à mort » sur le plan politique et diplomatique, Corneille Nangaa envoie un signal clair : le mouvement ne compte pas déposer les armes sous la pression extérieure.

Sur le terrain, dans le Nord-Kivu et certaines zones du Sud-Kivu, l’AFC-M23 contrôle encore plusieurs localités stratégiques. Les organisations humanitaires alertent cependant sur la dégradation de la situation des civils, pris entre les opérations militaires et les restrictions économiques liées aux sanctions.

À Kinshasa, le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement à la dernière sortie de Corneille Nangaa. Mais depuis plusieurs semaines, les autorités congolaises saluent les sanctions internationales comme un « outil de dissuasion » nécessaire pour faire plier les groupes armés. 

Pour le pouvoir central, l’AFC-M23 reste un mouvement soutenu de l’extérieur et responsable de graves exactions. La diplomatie congolaise plaide auprès de ses partenaires pour un élargissement des sanctions à d’autres responsables.

La réaction de Corneille Nangaa illustre le fossé qui se creuse entre les acteurs du conflit et la communauté internationale. D’un côté, les chancelleries occidentales et l’ONU misent sur la pression économique et diplomatique. De l’autre, le mouvement rebelle revendique une légitimité politique et promet de tenir.

« Nous allons nous battre jusqu’à la fin », conclut le coordonnateur. Une phrase qui laisse peu de place à un compromis immédiat et qui fait craindre une prolongation des hostilités dans l’Est de la RDC, une région déjà éprouvée par plus de trois décennies de conflits.

Alors que les efforts de médiation régionaux se poursuivent, la question reste entière : les sanctions parviendront-elles à infléchir la position de l’AFC-M23, ou au contraire à l’enfermer dans une logique de confrontation totale ?

Biobe Mugheni 

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