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Judith Suminwa réagit : l’État ramène ses enfants coincés par la haine en Afrique du Sud
By GéantRadio
Published on 18/07/2026 08:02
POLITIQUE

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a procédé ce vendredi au rapatriement de 121 de ses ressortissants en provenance d’Afrique du Sud. Ces compatriotes ont quitté Pretoria et Johannesburg à la suite d’une nouvelle vague de violences xénophobes qui a ciblé des communautés étrangères dans plusieurs quartiers.

L’opération, menée avec l’appui de la compagnie nationale Air Congo, s’est conclue par l’atterrissage d’un vol spécial à l’aéroport international de N’djili en début d’après-midi.

À leur descente d’avion, les rapatriés ont été accueillis par une délégation gouvernementale conduite par la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato. Étaient également présents le bourgmestre de la commune de N’Sele et un détachement de la Police nationale congolaise, mobilisés pour assurer l’orientation et la sécurité des arrivants.

Après les formalités d’usage, les services sociaux et sanitaires déployés sur place ont procédé à une première prise en charge : enregistrement, contrôle médical sommaire et remise d’un kit de première nécessité. Plusieurs familles, venues attendre leurs proches dès le matin, ont également été orientées par les autorités communales.

Cette opération de rapatriement a été initiée sous l’impulsion directe de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Selon le cabinet du Premier ministère, la décision visait à "garantir la protection des Congolais en situation de vulnérabilité à l’étranger et à réaffirmer la responsabilité de l’État envers ses citoyens".

Dans un communiqué publié jeudi soir, le Gouvernement a rappelé qu’il suit "avec une attention particulière" l’évolution de la situation sécuritaire des communautés congolaises établies en Afrique du Sud. La diplomatie congolaise, en lien avec l’ambassade de la RDC à Pretoria, a ainsi travaillé ces derniers jours à l’identification des personnes souhaitant rentrer et à l’affrètement du vol spécial.

Les violences qui ont poussé ces 121 Congolais à quitter l’Afrique du Sud sont survenues au cours des deux dernières semaines dans certaines townships de Gauteng. Des attaques contre des commerces tenus par des étrangers et des actes d’intimidation ont été signalés, ravivant un climat de méfiance déjà observé par le passé.

Face à la dégradation de leur cadre de vie, de nombreux ressortissants congolais ont sollicité l’assistance des services consulaires. L’ambassade a alors transmis à Kinshasa une liste de personnes en détresse, ce qui a conduit à l’organisation rapide de ce premier vol de retour.

L’initiative du Gouvernement est largement saluée par les organisations de la diaspora et par plusieurs acteurs de la société civile. Pour eux, ce rapatriement envoie un signal fort : l’État se porte garant de la sécurité de ses nationaux, où qu’ils se trouvent.

"Nous remercions les autorités pour cette réaction. Beaucoup de nos frères vivaient dans la peur", a déclaré un représentant d’une association congolaise basée à Johannesburg, joint par téléphone.

D’autres voix, cependant, estiment que la réponse aurait pu intervenir plus tôt. "L’alerte était là depuis plusieurs jours. Un rapatriement plus rapide aurait évité à certaines familles de traverser des moments très difficiles", souligne un observateur des questions migratoires à Kinshasa.

Le Gouvernement n’a pas exclu la possibilité d’organiser d’autres vols si la situation venait à perdurer. Les services du ministère des Affaires étrangères restent en contact permanent avec la communauté congolaise en Afrique du Sud pour évaluer les besoins.

De retour à Kinshasa, les 121 personnes bénéficieront d’un accompagnement des services sociaux. L’objectif affiché est de faciliter leur réinsertion : mise en relation avec des structures d’appui, orientation vers des programmes d’aide à l’emploi et suivi psychosocial pour les plus affectés.

Le bourgmestre de N’Sele a, de son côté, indiqué que la commune se tient prête à accueillir les familles qui choisiront de s’installer dans sa juridiction, en coordination avec les partenaires humanitaires.

Pour le Gouvernement, ce rapatriement illustre une posture claire : ne laisser aucun Congolais en détresse sans réponse institutionnelle. Il intervient alors que la RDC plaide, dans les forums régionaux, pour une meilleure protection des migrants et une coopération renforcée contre la xénophobie en Afrique australe.

L’aéroport de N’djili a retrouvé son calme en fin de journée. Pour ces 121 compatriotes, s’ouvre désormais un nouveau chapitre, entre le soulagement du retour et le défi de la reconstruction.

Yves Sayo 

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