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ZEA 786 à Kasulo : Fin de l’anarchie minière ou nouveau business pour les coopératives ?
By GéantRadio
Published on 17/07/2026 04:52
ÉCONOMIE

C’est une étape historique pour le secteur minier congolais. Le Ministère des Mines a officiellement procédé au lancement de la première Zone d’Exploitation Artisanale, ZEA, pilote viable* de la RDC. L’objectif est clair : sortir des milliers de creuseurs de l’informalité et leur offrir un cadre légal, sécurisé et rentable.

Cette réforme phare est portée par le Ministre des Mines, Louis WATUM KABAMBA, sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle s’inscrit pleinement dans le programme d’action du Gouvernement de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, qui fait de la formalisation du secteur artisanal une priorité nationale.

Le site choisi pour cette première opération est Kasulo, dans la province du Lualaba. Pendant des années, plus de 5 000 exploitants miniers artisanaux travaillaient de manière illégale sur le site T17, un périmètre appartenant à Kamoto Copper Company, KCC. 

Cette cohabitation chaotique entre exploitation industrielle et artisanale était source d’insécurité, de conflits et de pertes pour l’État. Le nouveau dispositif met fin à cette situation.

Tous les artisans concernés ont été relocalisés vers la ZEA 786. Sur ce nouveau site, ils pourront désormais exercer en toute légalité. La zone a été aménagée pour respecter les exigences du Code minier, avec des normes de sécurité, de traçabilité et d’encadrement technique.

La cérémonie officielle s’est tenue à Kasulo en présence des plus hautes autorités du secteur et de la province. 

Elle a été présidée par le Directeur Général du SAEMAPE, Jean-Paul KAPONGO, qui représentait le Ministre des Mines. À ses côtés, la Gouverneure du Lualaba, Fifi MASUKA SAINI, a réaffirmé l’engagement de l’exécutif provincial à accompagner la formalisation.

Étaient également présents les responsables des services techniques de l’État, les représentants de l’administration minière, ainsi que les délégués des coopératives minières qui encadreront désormais les artisans sur la ZEA 786.

Dans son allocution, le DG du SAEMAPE a salué "une avancée concrète vers la professionnalisation de l’artisanat minier". Il a insisté sur le fait que cette ZEA pilote n’est pas un simple déplacement de population, mais la création d’un véritable écosystème où l’artisan devient un opérateur économique reconnu.

La mise en place de cette zone répond à trois ambitions majeures du Gouvernement :

Premièrement, sécuriser les artisans. Fini les risques d’éboulements, d’expulsions brutales et de violences. La ZEA 786 est délimitée, balisée et placée sous supervision des services de l’État et du SAEMAPE.

Deuxièmement, assainir la filière et maximiser les retombées pour l’État. En intégrant ces 5 000 artisans dans le circuit légal, la RDC pourra mieux tracer la production, lutter contre la fraude et augmenter les recettes fiscales et parafiscales.

Troisièmement, améliorer les conditions de vie des communautés. Le modèle prévoit un accompagnement des coopératives, l’accès à des équipements de protection et la possibilité pour les artisans de vendre leur production à des prix justes via des canaux formels.

Pour le Ministre Louis WATUM KABAMBA, cette ZEA pilote est la concrétisation d’une promesse. Sous la vision du Président Tshisekedi, il s’agit de transformer l’artisanat minier, longtemps perçu comme un problème, en une véritable opportunité de création de richesses et d’emplois décents.

La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka place cette réforme au cœur de la diversification économique. L’idée est de faire de l’artisanat minier un levier de développement local, notamment au Lualaba, région au potentiel minier immense.

La Gouverneure Fifi Masuka Saini a pour sa part insisté sur la dimension sociale du projet. "Nous ne voulons plus de creuseurs traités comme des criminels. Nous voulons des partenaires du développement", a-t-elle déclaré.

Le Gouvernement présente la ZEA 786 comme un modèle reproductible. Si les résultats sont concluants, d’autres zones pilotes verront le jour dans le Haut-Katanga, au Sud-Kivu et dans d’autres provinces minières.

Les défis restent nombreux : financement de l’équipement, accès aux marchés, formation des artisans, et lutte contre les réseaux qui profitent de l’informalité. Mais pour la première fois, l’État propose une alternative crédible et structurée.

À Kasulo, les 5 000 artisans relocalisés tournent désormais une nouvelle page. Pour eux, pour le Lualaba et pour toute la RDC, cette ZEA pilote marque le début d’un artisanat minier plus digne, plus sûr et plus productif.

Etienne Kankwende 

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