Le Sénat a franchi une étape décisive ce mardi. En séance plénière, la Chambre haute a déclaré recevable le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. L’adoption de cette recevabilité lance officiellement la seconde lecture du texte qui doit permettre à l’État d’ajuster ses comptes à la réalité économique du pays.
Présenté par le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, le collectif budgétaire est arrêté à 50.295 milliards CDF, soit l’équivalent de 21,9 milliards USD au taux budgétaire de 2.290 FC pour 1 dollar.
Le projet marque un recul de 7,4 % par rapport au budget initial voté en début d’année, qui était fixé à 54.336 milliards CDF, environ 22 milliards USD.
D’après les explications du gouvernement, cette contraction s’explique d’abord par une forte baisse des financements extérieurs. Les ressources extérieures chutent de 42 %.
À l’inverse, l’exécutif met en avant une meilleure mobilisation des ressources internes. Les recettes propres affichent une progression de 6,9 %. C’est ce rééquilibrage qui a permis de limiter l’ampleur de la révision.
Le débat avec les sénateurs a été qualifié de "constructif" par le cabinet du ministre. L’objectif, selon Adolphe Muzito, est clair : adapter le budget de l’État aux évolutions économiques survenues depuis l’adoption de la loi de finances initiale, sans remettre en cause les priorités sociales et d’investissement.
Malgré le contexte, les recettes courantes sont revues à la hausse. Elles passent de 14,4 milliards USD à 15,2 milliards USD, soit un supplément de 739,5 millions USD.
Ces ressources additionnelles sont déjà fléchées :
- 45 millions USD pour la masse salariale
- 87 millions USD pour les transferts et subventions
- 162 millions USD pour les investissements financés sur ressources propres
- 360 millions USD pour couvrir des dépenses exceptionnelles
Cette ventilation vise à préserver le fonctionnement de l’administration tout en soutenant les secteurs prioritaires et les engagements urgents de l’État.
Le collectif intègre une nouveauté importante : la première tranche des Eurobonds pour un montant de 650 millions USD. Ces fonds seront dédiés au financement de projets d’investissement structurants.
Pour compléter le dispositif, le gouvernement prévoit également d’augmenter les émissions d’obligations du Trésor de 308 millions USD. L’objectif est de contribuer à la couverture du déficit budgétaire attendu et d’assurer la continuité des paiements de l’État sur la seconde partie de l’année.
Le texte n’en est pas à sa première étape. Il avait déjà été adopté le 3 juillet par l’Assemblée nationale.
Lors de l’examen en commission, le président de la commission économique, financière et du contrôle budgétaire, Guy Mafuta Kabongo, avait souligné un travail d’ajustement avec les services techniques. Grâce à l’identification de ressources additionnelles de 201 milliards CDF, la baisse des recettes a pu être réduite.
Avec ces arbitrages, les prévisions de recettes remontent à 50.496 milliards CDF. Un niveau légèrement supérieur à celui proposé dans la version initiale du collectif transmise par le gouvernement.
La recevabilité prononcée par le Sénat ouvre la voie à l’examen en détail du texte, article par article, en commission puis en plénière.
Le projet de loi devra être voté dans les mêmes termes par les deux chambres. En cas de désaccord, la procédure de navette et la commission paritaire seront activées.
Une fois l’adoption définitive acquise au Parlement, le texte sera transmis au Président de la République pour promulgation. La dernière étape sera sa publication au Journal officiel. Ce n’est qu’à ce moment que le gouvernement pourra mettre en œuvre les nouveaux ajustements budgétaires pour le reste de l’exercice 2026.
À travers cette révision, l’exécutif cherche donc un double équilibre : tenir compte du repli des financements extérieurs tout en sécurisant le financement des dépenses sociales, des investissements prioritaires et des charges exceptionnelles.
L’adoption finale du collectif budgétaire est désormais attendue dans les prochaines semaines au Sénat.
Yves Sayo