Le lundi 7 juillet 2026, le poste frontalier de Kasumbalesa a reçu la visite du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, et du ministre de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana Ngongo. L’objectif : évaluer sur le terrain les conditions d’échanges et identifier les leviers pour rendre le commerce transfrontalier plus rapide, plus sûr et plus attractif.
Cette mission s’inscrit directement dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui ambitionne de faire de la RDC une véritable plateforme d’échanges commerciaux en Afrique centrale et australe. 
Avec une position stratégique à la jonction entre la RDC et la Zambie, Kasumbalesa représente l’un des corridors les plus fréquentés du pays. C’est par ici que transitent une part importante des exportations minières et des importations de biens de consommation.
Au cours des échanges avec les services et les opérateurs économiques, l’accent a été mis sur la nécessité de simplifier les formalités pour le petit commerce transfrontalier. Ce segment, porté en grande partie par les femmes et les jeunes, souffre encore de tracasseries administratives et de délais qui alourdissent les coûts.
Plusieurs pistes ont été discutées : harmonisation des documents, guichet unique, réduction des temps de contrôle, et meilleure information des commerçants sur leurs droits et devoirs. L’idée est de passer d’une logique de contrôle systématique à une logique de facilitation, sans pour autant relâcher les exigences de sécurité et de traçabilité.
« À mon niveau, j’ai appelé les services intervenant à cette frontière à accompagner cette dynamique en évitant toute entrave aux échanges », a-t-on souligné lors de la mission. Le message est clair : la compétitivité du corridor passe par la discipline et le sens du service public.
Le ministre Julien Paluku a, pour sa part, salué les efforts de sécurisation des axes miniers entrepris dans la province du Haut-Katanga. La stabilité sur les routes est un préalable à la fluidité. Moins de barrières illégales, moins de ruptures de charge, c’est aussi plus de prévisibilité pour les entreprises.
La sécurisation des convois et la lutte contre les pratiques qui freinent la circulation des marchandises font partie des priorités affichées par les autorités provinciales. Un axe sécurisé attire davantage d’investisseurs et rassure les partenaires commerciaux régionaux.
Avant d’arriver à Kasumbalesa, la délégation a marqué un arrêt au parking de Kanyaka. Cette infrastructure joue un rôle central dans l’organisation du trafic sur l’axe Lubumbashi-Kasumbalesa.
Le parking de Kanyaka permet de réguler le flux des camions, d’éviter les embouteillages à l’approche de la frontière et de mieux planifier les opérations de chargement et de déchargement. Il contribue à désengorger la ville de Lubumbashi et à réduire les risques d’accidents sur un axe déjà très sollicité.
Présenté aux deux ministres nationaux, ce dispositif a été décrit comme un outil important de modernisation de la logistique frontalière. Son bon fonctionnement est déterminant pour gagner en temps et en coûts sur toute la chaîne d’approvisionnement.
Kasumbalesa n’est pas qu’un point de passage. C’est une porte d’entrée vers les marchés de la SADC. Chaque heure gagnée au poste frontalier se traduit par des économies pour les opérateurs et par une meilleure compétitivité des produits congolais.
Dans un contexte où la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine ZLECAf prend de l’ampleur, la RDC a tout intérêt à rendre ses frontières exemplaires. La digitalisation des procédures, l’interconnexion des systèmes douaniers avec les pays voisins et la formation des agents font partie des chantiers à accélérer.
À l’issue de la visite, l’engagement des autorités provinciales a été réaffirmé : renforcer la sécurité, améliorer la fluidité des échanges et accroître l’attractivité économique du Haut-Katanga.
Cela passe par une coordination plus étroite entre les services de douane, de migration, de police, de santé et de contrôle phytosanitaire. Cela passe aussi par un dialogue permanent avec le secteur privé pour ajuster les réformes aux réalités du terrain.
Le Haut-Katanga veut se positionner comme une province logistique. Pour y arriver, les infrastructures comme Kanyaka doivent être soutenues, et les postes comme Kasumbalesa doivent devenir des modèles de bonne gouvernance.
La visite du 7 juillet envoie un signal fort. L’État veut tourner la page des frontières perçues comme des goulots d’étranglement. L’ambition est de les transformer en plateformes de services, où l’opérateur économique est accompagné et non bloqué.
Pour les commerçants du petit transfrontalier comme pour les grands exportateurs miniers, les attentes sont les mêmes : moins de délais, plus de transparence, et des règles du jeu claires.
Avec la mobilisation du gouvernement central et le leadership provincial, Kasumbalesa peut devenir la vitrine d’un commerce transfrontalier congolais plus moderne. Un commerce qui fait circuler les biens, mais aussi la confiance.
Lambert Mwamba