Le jeudi 25 juin 2026 restera une date de référence pour le Grand Kasaï. À Katende, dans le secteur de Kakangayi, le ministre national des Mines Louis Watum Kabamba a coupé le ruban symbolique qui lance officiellement la prospection géologique du projet MICKA, Mines de Cuivre du Kasaï. La scène était solennelle. Autour du ministre se tenaient le gouverneur du Kasaï-Oriental Jean-Paul Mbwebwa Kapo, l’ambassadeur de Chine en RDC, plusieurs députés nationaux et provinciaux, les autorités territoriales et les partenaires techniques du projet. Tous ont assisté à l’acte fondateur d’une transition minière attendue depuis des décennies.
Depuis l’époque coloniale, le Grand Kasaï est associé au diamant. Mbuji-Mayi a bâti sa réputation mondiale sur cette pierre précieuse. Avec MICKA, la région diversifie son portefeuille. L’objectif n’est plus seulement de dépendre du diamant, mais d’explorer le cuivre et les minerais stratégiques qui façonnent l’économie mondiale d’aujourd’hui. Cette réorientation est portée par la MIBA, la société historique de la région, en partenariat avec LBK Construction SARL et CREC Ressource CRRU. Le mariage entre expérience locale et capitaux internationaux donne au projet une assise solide.
La base opérationnelle de MICKA sera installée à Katende. La ville est appelée à devenir le centre logistique, administratif et technique de tout le projet. Les équipes géologiques concentreront leurs premiers travaux sur deux zones ciblées : Miabi et Kabeya-Kamwanga. Les études préliminaires ont déjà identifié ces deux territoires comme porteurs d’un potentiel cuivrifère significatif. Les forages, analyses de sol et cartographies 3D qui vont démarrer permettront de confirmer l’ampleur exacte des gisements.
Le cuivre est le minerai d’appel du projet, mais il ne sera probablement pas le seul. Les géologues de MICKA misent aussi sur la présence de cobalt, de zinc et d’autres substances associées. Ces métaux sont au cœur de la transition énergétique : batteries, câbles électriques, infrastructures vertes. Si les analyses le confirment, le Grand Kasaï ne sera plus seulement la capitale du diamant, mais aussi un acteur de la chaîne de valeur des nouvelles technologies. C’est ce positionnement qui rend le projet MICKA stratégique pour la RDC et pour ses partenaires.
Pour la MIBA, ce lancement représente une mutation profonde. Après des décennies centrées sur l’exploitation diamantifère, l’entreprise élargit son mandat. Elle passe d’un mono-produit à une logique de diversification. Cette évolution vise à sécuriser les emplois, attirer des compétences nouvelles et stabiliser les recettes de la région face aux fluctuations du marché du diamant. Le message est clair : le savoir-faire acquis dans le diamant doit servir à bâtir une exploitation minière moderne, plus résiliente. 
Louis Watum Kabamba a profité de la cérémonie pour rappeler un chiffre clé : près de 90% des ressources minérales potentielles de la RDC ne sont pas encore cartographiées avec précision. Pour le gouvernement, MICKA illustre la nouvelle doctrine : intensifier la recherche géologique, réduire l’incertitude sur le sous-sol, attirer des investisseurs sérieux et créer des pôles de développement provinciaux. Le ministre a insisté sur la nécessité d’associer retombées économiques, formation locale et respect des normes environnementales.
Avec sa base opérationnelle, Katende va changer de visage. Routes, énergie, logements, services : tout un écosystème va se structurer autour du projet. Les autorités locales misent sur un effet d’entraînement pour les PME, l’agriculture vivrière et la formation technique. L’enjeu est de faire de Katende une ville minière organisée, et non un simple camp de chantier.
Les observateurs du secteur n’hésitent pas à qualifier MICKA de projet minier le plus ambitieux lancé dans le Grand Kasaï depuis plusieurs décennies. L’ampleur des investissements, la durée de la phase d’exploration et la diversité des minerais visés placent Katende sous les projecteurs. Si la phase de prospection confirme les hypothèses, la région pourrait entrer dans une décennie de chantiers, d’emplois et de transferts de compétences.
Lambert Mwamba