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Miguel sous pression : le ministre Kalumba exige des comptes sur la mégestion à l’ARSP
By GéantRadio
Published on 04/06/2026 14:02
ÉCONOMIE

Le climat se tend à l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Le ministre de l’Entrepreneuriat, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a officiellement déclenché une enquête interne visant la direction de l’établissement public.

Cette décision fait suite à une série d’accusations graves relayées par des agents de l’ARSP. Les griefs portent notamment sur des soupçons de mégestion, de détournement de fonds publics et d’utilisation présumée des ressources de l’institution à des fins personnelles.

Dans une correspondance adressée au Directeur général de l’ARSP, le ministère de tutelle a listé vingt points précis sur lesquels des éclaircissements sont attendus. Le document, dont notre rédaction a pu consulter les grandes lignes, évoque des irrégularités financières récurrentes qui auraient fragilisé la gestion de l’institution.

Au-delà de l’aspect financier, les dénonciations font état d’un climat de travail délétère. Plusieurs agents évoquent des pratiques de favoritisme dans l’attribution des marchés et des avantages, ainsi que des actes présumés d’intimidation à l’encontre du personnel. Ces témoignages, restés jusqu’ici internes, ont finalement conduit le ministre à intervenir.

Le ministre Justin Kalumba Mwana-Ngongo a fixé un ultimatum clair. Le Directeur général de l’ARSP dispose désormais d’un délai de sept jours calendaires pour fournir des réponses documentées à chacun des vingt griefs soulevés.

Cette procédure s’inscrit dans le cadre du contrôle de tutelle exercé par le ministère sur les établissements publics placés sous sa responsabilité. L’objectif affiché : rétablir la transparence et garantir la bonne gouvernance au sein d’une structure stratégique pour la promotion de la sous-traitance en RDC.

Pour rappel, l’ARSP joue un rôle central dans l’application de la loi sur la sous-traitance. Elle est chargée de veiller à ce que les entreprises principales recourent prioritairement aux PME congolaises, afin de stimuler l’entrepreneuriat local et la création d’emplois.

Des dysfonctionnements en son sein pourraient donc avoir un impact direct sur l’écosystème entrepreneurial congolais. C’est ce qui explique la réactivité du ministère, soucieux de préserver la crédibilité de l’institution.

À ce stade, la direction de l’ARSP n’a pas encore communiqué publiquement sur les accusations portées contre elle. Le délai de sept jours court depuis la notification officielle de la lettre du ministre.

Selon des sources proches du dossier, une commission interne aurait déjà été mise en place pour compiler les pièces justificatives et préparer la réponse destinée au ministère de tutelle.

Si les réponses apportées par la direction générale étaient jugées insuffisantes, le ministre de l’Entrepreneuriat pourrait prendre des mesures administratives. La législation en vigueur prévoit un éventail de sanctions allant de l’avertissement à la suspension, voire à la révocation des mandataires publics en cas de faute lourde.

Toutefois, le ministère insiste sur le respect de la présomption d’innocence et du contradictoire. L’enquête vise d’abord à établir les faits avec rigueur, avant toute décision.

Du côté des organisations patronales et des associations de sous-traitants, on appelle au calme et à la transparence. Plusieurs acteurs économiques souhaitent que cette procédure aboutisse rapidement afin de ne pas paralyser les activités de régulation, essentielles pour les PME.

L’affaire est désormais suivie de près par l’opinion publique et les partenaires du secteur privé. Le dénouement de cette enquête interne sera déterminant pour l’image de l’ARSP et pour la confiance des entrepreneurs congolais dans les mécanismes de régulation.

Yves Sayo 

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