Ads
Haut-Katanga : Un court-circuit, des morts et des fuyards. Qui répondra du chaos de Kasapa ?
By GéantRadio
Published on 27/07/2026 06:52
SOCIÉTÉ

La prison centrale de Kasapa, principal établissement pénitentiaire de Lubumbashi, a de nouveau été touchée par un incendie. Le sinistre s’est déclaré ce dimanche 26 juillet dans le pavillon réservé aux détenus malades. Si les flammes ont été maîtrisées, l’événement relance les inquiétudes sur les conditions de détention et la sécurité dans cette prison en situation de surpopulation chronique.

Selon les premières informations, l’incendie a pris aux alentours de la fin de journée au pavillon des malades de « Kasapa Kobokobo ». Les circonstances exactes à l’origine du départ de feu demeurent pour l’heure inconnues. Aucune piste officielle n’a encore été privilégiée.

La Commission nationale des droits de l’homme, antenne du Haut-Katanga, CNDH/Haut-Katanga, précise que ce pavillon héberge à lui seul plus de 300 détenus. Un chiffre qui illustre la pression exercée sur les infrastructures déjà fragiles de l’établissement.

Des détenus et des agents ont donné l’alerte. La panique a rapidement gagné une partie du site, dans un contexte où les accès et les moyens d’évacuation restent limités.

L’intervention des équipes de secours a permis d’éviter une propagation plus large. Le chef du service anti-incendie de la mairie de Lubumbashi, David Bibu, indique que le feu a été circonscrit grâce à la mobilisation des sapeurs-pompiers communaux, avec l’appui d’un camion anti-incendie mis à disposition par l’entreprise PMJ.

Cet appui a été décisif pour contenir les flammes dans un secteur particulièrement vulnérable de la prison, où sont regroupés des détenus nécessitant des soins.

La direction de la prison centrale de Kasapa assure que la situation est sous contrôle. Un bilan officiel faisant état des dégâts matériels, du nombre de victimes et des conséquences sur les détenus sera communiqué dans les prochaines heures.

Conçue à l’origine pour accueillir un effectif bien inférieur, la prison centrale de Kasapa héberge aujourd’hui près de 3 000 détenus. Cet écart entre la capacité réelle et le nombre de pensionnaires place l’établissement parmi les plus surpeuplés de la République démocratique du Congo.

Cette surpopulation a des conséquences directes : promiscuité, difficultés d’aération, vétusté des installations électriques et sanitaires, et risques accrus en cas d’incident. Les organisations de défense des droits humains alertent régulièrement sur ces conditions qui exposent les détenus à des dangers évitables.

Le pavillon des malades, déjà saturé avec plus de 300 personnes, concentre une partie de ces fragilités. L’accès aux soins, la ventilation et la sécurité y sont particulièrement mis à l’épreuve.

Ce sinistre n’est pas un cas isolé. Il s’agit du deuxième incendie enregistré dans l’enceinte de Kasapa en l’espace de sept mois. Le précédent avait déjà mis en lumière les failles en matière de prévention et d’équipement.

La répétition de tels événements pose la question de la résilience de l’établissement face aux risques. L’absence de systèmes de détection, le vieillissement du réseau électrique et le manque de moyens d’intervention rapide sont pointés du doigt par plusieurs acteurs locaux.

Pour la CNDH/Haut-Katanga, chaque incident de ce type doit faire l’objet d’une enquête approfondie afin d’établir les responsabilités et de proposer des mesures correctives durables.

Du côté des autorités provinciales, des assurances ont été données quant à la prise en charge des personnes affectées et à la sécurisation du site. La direction pénitentiaire annonce également un audit interne pour déterminer l’origine du feu.

La société civile de Lubumbashi appelle, elle, à des actions concrètes et rapides. Elle demande la réhabilitation des infrastructures, la mise à niveau du réseau électrique, la dotation en équipements de sécurité incendie et surtout une politique de désengorgement des prisons.

« On ne peut pas continuer à entasser des milliers de personnes dans des espaces qui ne sont pas adaptés, sans moyens de prévention. Le prochain drame sera plus grave », souligne un défenseur des droits humains basé à Lubumbashi.

La prison centrale de Kasapa reste sous surveillance renforcée. L’accès au pavillon sinistré a été limité le temps des constatations.

En attendant le bilan officiel, cet incendie rappelle une fois de plus l’urgence de réformer en profondeur le système carcéral dans le Haut-Katanga. Entre vétusté, manque de moyens et surpopulation, Kasapa illustre les défis auxquels l’État congolais doit répondre pour garantir la sécurité et la dignité des personnes privées de liberté.

Lambert Mwamba 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online