La dynamique des finances publiques en République démocratique du Congo reste marquée par une forte mobilisation des recettes internes. Selon la dernière note de conjoncture économique publiée par la Banque Centrale du Congo (BCC), les régies financières ont collecté 1.581,6 milliards de francs congolais (CDF) au 22 mai 2026.
Ce niveau de recettes traduit l’effort de recouvrement des trois principales administrations financières du pays. D’après le tableau de suivi des opérations financières de l’État, la performance repose essentiellement sur les recettes fiscales, douanières et parafiscales.
La Direction générale des impôts (DGI) confirme son rôle de premier contributeur au budget de l’État. Chargée de la collecte des impôts directs et indirects, elle a mobilisé 881,8 milliards CDF sur la période. Ce montant représente plus de 55% du total des recettes enregistrées par les régies financières.
La Direction générale des douanes et accises (DGDA) arrive en deuxième position. Ses recettes se chiffrent à 463,0 milliards CDF. Elles proviennent principalement des droits de douane, des accises et des taxes à l’importation et à l’exportation.
Enfin, la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a rapporté 236,9 milliards CDF. Ces ressources parafiscales incluent les redevances, les amendes judiciaires, les recettes domaniales et les dividendes issus des participations de l’État.
En parallèle de cette mobilisation, l’exécution des dépenses publiques s’est poursuivie à un rythme soutenu. Au 22 mai 2026, le Trésor public a décaissé un total de 3.098,0 milliards CDF.
Le principal poste de dépense reste la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État. Le paiement des salaires a absorbé 841,0 milliards CDF, soit environ 27,1% des dépenses totales exécutées à cette date. Cette enveloppe couvre l’ensemble des ministères, services publics et institutions de l’État.
Les charges liées au service de la dette ne sont pas en reste. Les frais financiers se sont élevés à 36,3 milliards CDF sur la même période. Ce montant intègre les intérêts payés sur la dette intérieure et extérieure.
Les données de la BCC mettent en évidence un écart significatif entre les recettes mobilisées par les régies financières et les dépenses exécutées. Au 22 mai 2026, les dépenses représentent près du double des recettes collectées : 3.098,0 milliards CDF contre 1.581,6 milliards CDF.
Cet écart souligne les défis persistants de l’équilibre budgétaire. Il interroge sur les mécanismes de financement du déficit et sur la capacité de l’État à accroître la pression fiscale sans pénaliser l’activité économique.
La performance de la DGI reste néanmoins un signal positif. Avec 881,8 milliards CDF, l’administration fiscale dépasse largement la DGDA et la DGRAD réunies. Cette tendance pourrait refléter les effets des réformes engagées pour élargir l’assiette fiscale et renforcer le civisme fiscal.
La publication de la BCC intervient dans un contexte où le gouvernement entend améliorer la traçabilité des flux financiers publics. Le tableau de suivi des opérations financières de l’État constitue à cet effet un outil clé pour le pilotage budgétaire et la transparence.
Yves Sayo