Ads
FARDC et AFC-M23 supervisés ensemble : L’arnaque du siècle ou vraie chance pour la paix ?
By GéantRadio
Published on 17/07/2026 04:39 • Updated 17/07/2026 04:41
POLITIQUE

Un mécanisme conjoint de supervision et de vérification a été officiellement mis en place ce jeudi 16 juillet 2026 à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. L’initiative vise à poser les bases d’une accalmie sécuritaire durable dans une région en proie aux violences depuis plus de trois décennies.

La cérémonie de lancement a réuni autour de la même table des acteurs jusque-là opposés sur le terrain. Étaient présents des représentants des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, FARDC, de la Mission de l’ONU en RDC, MONUSCO, de l’Union Africaine, UA, de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, CIRGL, ainsi que de l’Alliance Fleuve Congo, AFC-M23.

Conçu dans le sillage des processus de paix de Luanda et de Nairobi, ce mécanisme n’a pas vocation à se substituer aux négociations politiques. Son rôle est d’abord technique et opérationnel.

Selon les termes de référence présentés lors du lancement, la structure aura trois missions principales. Elle devra d’abord superviser la mise en œuvre des engagements sécuritaires pris par les différentes parties, notamment le cessez-le-feu, le désengagement des troupes et le cantonnement. Ensuite, elle aura pour tâche de prévenir et gérer les incidents sur le terrain afin d’éviter que des accrochages locaux ne dégénèrent en affrontements de grande ampleur. Enfin, elle devra créer un climat de confiance propice à la reprise et à la poursuite des discussions politiques en vue d’un règlement durable du conflit dans l’Est de la RDC.

Pour atteindre ces objectifs, le mécanisme prévoit des patrouilles mixtes, des canaux de communication directs entre les états-majors et la production de rapports de vérification réguliers transmis aux garants régionaux et internationaux.

Le choix de Goma pour le lancement n’est pas anodin. La ville, capitale économique du Nord-Kivu, est au cœur des zones où s’affrontent FARDC et rebelles du M23/AFC depuis fin 2021. Elle abrite aussi un important quartier général de la MONUSCO.

En réunissant à Goma des officiers des FARDC et des représentants de l’AFC-M23 sous la facilitation de l’UA, de la CIRGL et de l’ONU, les organisateurs veulent envoyer un signal fort : le dialogue sécuritaire est possible même entre belligérants.

Un responsable de la CIRGL présent a insisté sur le caractère "pragmatique" de la démarche. "Il ne s’agit pas de faire confiance, il s’agit de vérifier. Et la vérification commence aujourd’hui", a-t-il déclaré.

La mise en place de cette structure intervient alors que les violences persistent dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les organisations humanitaires alertent toujours sur les déplacements massifs de populations et les violations des droits humains.

Plusieurs défis attendent donc ce nouveau dispositif. D’abord la crédibilité : pour être accepté par les populations, le mécanisme devra faire preuve d’impartialité et publier ses constats de manière transparente. Ensuite l’accès : les équipes de supervision devront pouvoir circuler librement et en toute sécurité dans les zones sous contrôle de chaque partie. Enfin le suivi : les recommandations issues des rapports de vérification devront être prises en compte rapidement par les décideurs politiques pour avoir un impact réel.

Du côté de la MONUSCO, on souligne que ce mécanisme vient "compléter" et non "remplacer" le mandat de la mission onusienne. L’UA et la CIRGL, garants du processus, insistent elles sur la nécessité d’un engagement politique fort pour soutenir le travail technique sur le terrain.

Pour le gouvernement congolais, ce mécanisme représente une opportunité de stabiliser les lignes de front et de protéger les civils. Pour l’AFC-M23, c’est aussi un cadre pour faire valoir ses revendications sécuritaires dans un format internationalisé.

Des analystes estiment cependant que sans avancées sur le volet politique, les effets du mécanisme resteront limités. "La supervision peut geler le conflit, mais seul le politique peut le résoudre", résume un expert de la région des Grands Lacs.

Le comité de pilotage du mécanisme doit se réunir pour la première fois la semaine prochaine à Goma. D’ici là, des équipes techniques sont déjà à pied d’œuvre pour définir les zones prioritaires de déploiement.

L’ONU et l’UA ont réaffirmé leur soutien et promis un accompagnement logistique et financier pour les 6 premiers mois de fonctionnement.

Pour les habitants de Goma et des environs, l’espoir est simple : que ce jeudi 16 juillet marque le début d’une période moins bruyante, moins meurtrière.

Biobe Mugheni 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online