Ads
Consensus historique au Parlement : 262 députés disent oui à la science et à Ankara
By GéantRadio
Published on 09/07/2026 21:45
POLITIQUE

L’Assemblée nationale a tenu, mercredi 8 juillet 2026, une séance plénière marquée par un consensus rare. Sous la présidence d’Aimé Boji, les députés ont adopté à l’unanimité quatre textes majeurs : trois projets de loi autorisant la ratification d’accords internationaux et une proposition de loi fixant les principes fondamentaux de la recherche scientifique et technique en République Démocratique du Congo.

Sur les 262 élus présents, aucun vote contre ni aucune abstention n’a été enregistré. Ce résultat témoigne d’une volonté partagée au sein de l’hémicycle d’accélérer l’intégration du pays dans des dynamiques de coopération internationale tout en posant les bases d’une politique nationale ambitieuse en matière de science.

Parmi les textes adoptés figure le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération sécuritaire entre la RDC et la Turquie. Cet accord, présenté comme stratégique par le gouvernement, vise à renforcer les capacités des forces de sécurité congolaises à travers le transfert d’expertise, la formation et l’acquisition d’équipements adaptés aux défis sécuritaires actuels.

L’initiative intervient dans un contexte où la stabilisation de l’Est du pays et la lutte contre les groupes armés restent des priorités nationales. En s’ouvrant à Ankara, Kinshasa diversifie ses partenariats sécuritaires et s’aligne sur une logique de coopération Sud-Sud renforcée. Les parlementaires ont souligné que cet accord ne se limite pas à une dimension militaire. Il intègre également des volets liés au renseignement, à la gestion des frontières et à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.

Ce jeudi 9 juillet 2026, le relais est pris au Sénat. La chambre haute examine à son tour ce même projet de loi. La présentation en est assurée par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani. Son passage devant les sénateurs est perçu comme une étape décisive avant la promulgation et l’entrée en vigueur de l’accord.

Les deux autres projets de loi ratifiés mercredi portent également sur des accords internationaux dont les détails n’ont pas encore été rendus publics par le service de communication de l’Assemblée. Selon des sources parlementaires, ils concernent des domaines de coopération économique et technique jugés prioritaires pour le quinquennat en cours.

Le quatrième texte adopté, et non des moindres, est la proposition de loi portant principes fondamentaux de la recherche scientifique et technique. Portée depuis plusieurs sessions, cette loi ambitionne de combler un vide juridique qui freinait depuis des années le développement de la recherche en RDC.

Le texte pose les jalons d’une gouvernance claire du secteur : statut des chercheurs, financement public de la recherche, création de pôles d’excellence, protection de la propriété intellectuelle, et obligation pour l’État de consacrer une part du budget national à la recherche et à l’innovation.

Pour les défenseurs du texte, il s’agit de sortir la recherche congolaise de la précarité. L’objectif est double : retenir les talents nationaux et créer les conditions d’un partenariat solide entre universités, centres de recherche et secteur privé. La loi prévoit également la mise en place d’un Conseil National de la Recherche Scientifique et Technique chargé d’orienter la politique sectorielle et d’évaluer les résultats.

Plusieurs députés ont insisté sur le lien direct entre recherche et souveraineté. Dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’énergie et des minerais stratégiques, la RDC ne pourra, selon eux, valoriser pleinement ses ressources sans investir massivement dans la production de connaissances locales.

L’adoption sans débat houleux de ces quatre textes envoie un signal politique fort. D’une part, elle confirme la volonté du Parlement d’accompagner l’Exécutif dans l’ouverture du pays à de nouveaux partenaires stratégiques, à l’image de la Turquie. D’autre part, elle consacre la nécessité de bâtir une base scientifique nationale pour soutenir les politiques de développement.

Le président de l’Assemblée, Aimé Boji, a salué "une session productive qui met le citoyen au centre des préoccupations". Pour lui, la sécurité et la connaissance sont les deux piliers sur lesquels repose la stabilité et la prospérité.

Après le vote de l’Assemblée nationale, tous les regards se tournent désormais vers le Sénat. L’examen de l’accord avec la Turquie prévu ce jeudi pourrait être suivi, dans les prochains jours, de l’adoption définitive de la loi sur la recherche. Si le calendrier est respecté, ces réformes pourraient entrer en application avant la rentrée parlementaire de septembre.

Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants et une compétition accrue pour l’innovation technologique, la RDC semble ainsi choisir la double voie : renforcer ses alliances extérieures tout en investissant dans son capital humain et intellectuel.

Yves Sayo 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online