Conformément à l’annonce faite hier, les principaux dirigeants de la Convergence des Forces pour le Changement, C64, s’envoleront dans les prochaines heures pour Bujumbura. Cette mission intervient à l’invitation officielle de Son Excellence Évariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine.
Ce déplacement marque une nouvelle phase dans l’offensive politique et diplomatique menée par la C64 depuis plusieurs mois. L’objectif affiché est clair : porter directement la voix des forces de l’opposition et de la société civile congolaise au plus haut niveau du continent, dans un contexte régional marqué par l’enlisement de la crise sécuritaire et institutionnelle en République Démocratique du Congo.
Le Président Martin Fayulu, figure de proue de la C64, a déjà quitté Kinshasa ce matin. Son programme prévoit une première escale à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, avant de rejoindre la capitale burundaise. Ce passage par l’Ethiopie n’est pas anodin. Il permet à la délégation de la C64 d’échanger avec des responsables de l’UA et de préparer le terrain pour les discussions prévues à Bujumbura.
Selon des sources proches de la délégation, plusieurs membres influents de la C64 composent le cortège. L’enjeu est de présenter une position unifiée et crédible face aux chefs d’État de la région.
L’invitation du Président Ndayishimiye prend une portée particulière. En sa qualité de Président en exercice de l’Union africaine pour l’année 2026, le chef de l’État burundais joue un rôle de facilitateur reconnu dans les dossiers de paix et de sécurité en Afrique centrale et des Grands Lacs.
Bujumbura s’impose ainsi comme un cadre de dialogue privilégié. Le choix de cette capitale vise à créer les conditions d’une discussion franche, loin des pressions directes, tout en gardant une proximité géographique et historique avec la RDC.
Pour la C64, cette rencontre représente l’opportunité de faire entendre une lecture différente de la crise congolaise. Une lecture qui insiste sur la nécessité d’une solution politique globale, inclusive et respectueuse de la Constitution.
Depuis sa création, la C64 revendique une approche en trois piliers : l’action politique interne, l’offensive diplomatique régionale et internationale, et la mobilisation citoyenne.
Sur le plan politique, la plateforme continue de dénoncer ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire et d’appeler à un processus de sortie de crise crédible. Sur le plan diplomatique, elle multiplie les contacts avec les capitales africaines, les organisations sous-régionales et les partenaires internationaux. Sur le plan citoyen, elle organise des campagnes de sensibilisation pour maintenir la pression populaire et rappeler les aspirations du peuple congolais.
Dans un communiqué transmis avant le départ, la C64 réaffirme cet engagement : "Fidèle à son engagement en faveur d’une solution politique durable à la crise que traverse notre pays, la C64 poursuit son action sur les plans politique, diplomatique et citoyen, dans le respect de sa vision pour l’avenir de la République."
Les responsables de la C64 se veulent déterminés. Ils assurent que cette mission à Bujumbura n’est ni un point d’arrivée ni une concession, mais une étape supplémentaire dans une stratégie de long terme.
"Déterminée et résolue, la C64 continue de renforcer sa mobilisation et son action pour défendre les aspirations légitimes du peuple congolais", souligne la plateforme. Pour ses dirigeants, il s’agit de rappeler que toute solution durable passe par l’inclusion de toutes les forces vives de la nation et par le respect de la volonté populaire.
Cette visite intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC reste préoccupante et que les appels à un dialogue national se multiplient. Les conclusions des échanges de Bujumbura seront donc suivies de près à Kinshasa, mais aussi à Addis-Abeba, à Luanda et à Nairobi.
La délégation de la C64 devrait rester plusieurs jours au Burundi. Au programme : des entretiens bilatéraux avec le Président Ndayishimiye, des rencontres avec des représentants de l’UA présents sur place, et une conférence de presse pour présenter les conclusions de la mission.
La C64 entend ainsi démontrer qu’elle reste un acteur incontournable de la recherche de la paix, et qu’elle est prête à saisir toutes les fenêtres diplomatiques ouvertes pour sortir la RDC de l’impasse actuelle.
Yves Sayo