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La CAN Après 4 ans : L’heure pour la RDC de passer de spectatrice à candidate
By GéantRadio
Published on 04/07/2026 16:35
SPORT

La Confédération Africaine de Football a franchi un cap. Elle a officiellement lancé l’appel à candidatures pour l’organisation des éditions 2028, 2032 et 2036 de la Coupe d’Afrique des Nations. 

Ce n’est plus un simple tournoi tous les deux ans. La CAF acte un changement de rythme majeur : la CAN se jouera désormais tous les quatre ans, et toujours en dehors des années de Coupe du Monde. L’objectif est clair : donner plus de visibilité à la compétition, éviter la saturation calendaire, et aligner la CAN sur le modèle des grands championnats continentaux.

En décalant la périodicité, la CAF envoie aussi un signal économique. Un cycle de quatre ans permet aux pays hôtes d’amortir les investissements, d’attirer des sponsors sur la durée, et de mieux planifier les infrastructures. Pour les diffuseurs et les partenaires, c’est une fenêtre plus lisible. Pour les joueurs, c’est moins de conflits avec les clubs européens.

La CAF ne cherche plus seulement un pays capable d’accueillir 24 équipes pendant un mois. Elle veut des dossiers bancables. Stades aux normes FIFA, centres d’entraînement, aéroports, réseau hôtelier, sécurité, connectivité et héritage sont au cœur du barème. Les candidatures conjointes sont encouragées. La transparence du processus est aussi mise en avant après les turbulences des dernières attributions.

Concrètement, un pays candidat devra montrer qu’il peut remplir au minimum 6 stades de 40 000 places, dont un stade d’ouverture et de finale d’au moins 60 000 places. Il faudra aussi garantir les garanties gouvernementales, la défiscalisation, et un budget estimé entre 300 et 500 millions de dollars.

La question se pose naturellement à Lubumbashi comme à Kinshasa. La RDC a-t-elle une carte à jouer pour 2028, 2032 ou 2036 ?

Sur le papier, les atouts existent. Le pays a la population, la passion, et une place historique dans le football africain. Les Léopards sont un nom qui compte. La RDC a déjà organisé des compétitions : le CHAN 2009 et le CHAN 2016, remportés à domicile, ont montré qu’elle sait mobiliser autour du ballon. L’engouement populaire est un actif que peu de pays peuvent égaler.

Côté infrastructures, le chantier est immense mais pas impossible. Le Stade des Martyrs à Kinshasa et le Stade TP Mazembe à Lubumbashi sont des bases. Le Stade de la Kenya à Kisangani, celui de Bukavu et de Goma pourraient entrer dans une logique de candidatures régionales. La CAF pousse justement vers des projets qui irriguent plusieurs villes. L’idée d’une CAN "bassin du Congo" avec des matchs à Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Kisangani aurait une vraie portée symbolique. 

Premier point : les infrastructures. Il faut réhabiliter et construire. Un plan Marshall des stades, des routes et des aéroports est indispensable. Sans investissement public-privé massif, le dossier ne tiendra pas face au Maroc, à l’Égypte, au Nigeria ou à une candidature conjointe Afrique de l’Est.

Deuxième point : la stabilité et l’image. Les partenaires et la CAF regardent la sécurité, la logistique et la capacité à accueillir 2 millions de visiteurs. Des efforts diplomatiques et en matière de communication seront nécessaires pour rassurer.

Troisième point : le financement. Organiser une CAN coûte cher. Mais un cycle tous les quatre ans rend l’équation plus tenable. L’État, la FECAFOOT, le secteur privé congolais et les partenaires internationaux devraient s’asseoir autour d’une table dès maintenant pour monter un fonds CAN 2032 ou 2036.

Parce que le timing joue pour la RDC. 2028 semble court. Le Maroc et l’Afrique du Sud sont déjà positionnés. En revanche 2032 et 2036 ouvrent une vraie fenêtre. C’est le temps de bâtir. 

Accueillir la CAN, ce n’est pas qu’un mois de fête. C’est des routes, des hôtels, des emplois, des jeunes formés aux métiers du sport et de l’événementiel. C’est projeter une image de la RDC qui va au-delà des crises. C’est aussi donner aux Léopards l’avantage de jouer à domicile dans une compétition majeure, comme en 1974.

D’autres pays l’ont fait avec moins de moyens au départ. La Côte d’Ivoire 2023 et le Cameroun 2021 l’ont prouvé : la volonté politique fait la différence.

La CAF a lancé le coup d’envoi d’une nouvelle ère. Le passage à une CAN quadriennale change la donne et élève le niveau d’exigence.

La RD Congo a une carte à jouer, à condition de jouer collectif et long terme. Il faut un portage politique fort, un plan d’infrastructures crédible sur 6 à 8 ans, et une candidature qui raconte une histoire : celle d’un grand pays de football qui veut réunir l’Afrique centrale.

Le dossier ne se gagnera pas en un an. Il se gagne maintenant. Si Kinshasa décide de se lancer pour 2032 ou 2036, il est temps d’allumer les projecteurs, pas seulement dans les stades, mais dans les ministères, les entreprises et les villes.

Etienne Kankwende 

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