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Likulia Bolongo est mort : Le dernier Premier ministre de Mobutu tire sa révérence à 86 ans
By GéantRadio
Published on 26/06/2026 08:18
POLITIQUE

Une page se tourne dans l’histoire politique et militaire de la République démocratique du Congo. Le général Likulia Bolongo Lingbangi, dernier Premier ministre du maréchal Mobutu Sese Seko, est décédé à Paris, en France, à l’âge de 86 ans. L’information a été confirmée par plusieurs proches de l’ancien dignitaire.

Formé à l’école des officiers, Likulia Bolongo appartenait à la génération de cadres supérieurs qui ont structuré les Forces armées zaïroises, les FAZ, sous le régime du Parti-Mouvement Populaire de la Révolution, MPR. Officier supérieur respecté, il a gravi les échelons d’une armée alors considérée comme le pilier du pouvoir mobutiste. 

Sa rigueur et sa loyauté lui ont valu d’occuper des postes stratégiques au sein de l’appareil d’État, à une époque où le Zaïre traversait de profondes turbulences économiques, sociales et diplomatiques. Il incarnait ce profil de militaire technocrate, peu enclin à la démagogie, que Mobutu aimait placer à des fonctions de gestion de crise.

Nommé Premier ministre le 9 avril 1997, Likulia Bolongo a dirigé le dernier gouvernement du Zaïre-Mobutu. Sa mission était alors quasi impossible : tenter de stabiliser un pays en pleine déliquescence, sur fond d’avancée fulgurante de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, AFDL, conduite par Laurent-Désiré Kabila.

Durant ces 37 jours à la tête de l’exécutif, jusqu’au 16 mai 1997, il a multiplié les appels au dialogue et tenté d’organiser la défense de Kinshasa. Mais l’effondrement était déjà engagé. Le 17 mai, l’entrée des troupes de l’AFDL dans la capitale a sonné le glas de 32 ans de pouvoir mobutiste. Likulia Bolongo a quitté la Primature avec le régime, devenant ainsi le dernier Chef du gouvernement de cette époque.

Après la chute de Mobutu, le général a choisi l’exil en France, loin des purges et des règlements de comptes qui ont marqué la transition. À Paris, il s’est progressivement éloigné de l’uniforme pour s’investir dans la réflexion politique. 

Loin de rompre avec son pays, il a fait le choix du retour par les urnes. En 2006, lors des premières élections présidentielles pluralistes de l’histoire de la RDC, Likulia Bolongo s’est présenté comme candidat. Son programme mettait en avant la restauration de l’autorité de l’État, la réforme de l’armée et la réconciliation nationale. Bien qu’il n’ait pas atteint le second tour, sa candidature a été perçue comme celle d’un témoin direct de l’histoire, soucieux d’apporter son expérience à la jeune démocratie congolaise.

Avec le décès de Likulia Bolongo Lingbangi, la RDC perd l’une des dernières figures de premier plan ayant exercé des responsabilités au sommet de l’État durant les mois convulsifs de 1997. Il faisait partie de ce cercle restreint d’acteurs qui ont vu, de l’intérieur, s’effondrer un système et naître une nouvelle République.

Ses obsèques devraient donner lieu à des hommages contrastés. Pour certains, il reste le symbole d’une armée républicaine et d’un sens de l’État. Pour d’autres, son nom demeure indissociable des dernières heures d’un régime autoritaire. Au-delà des jugements, son parcours illustre la trajectoire de toute une génération de dirigeants congolais, formés sous Mobutu et confrontés à la brutalité des transitions.

Le général Likulia Bolongo laisse le souvenir d’un homme discret, soldat d’abord, homme d’État ensuite, qui aura traversé les plus grandes ruptures de l’histoire contemporaine du Congo sans renier son attachement au pays.

Paix à son âme.

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