Ads
Moïse Katumbi : Ceux qui insultent l’Église aujourd’hui lui doivent l’alternance d’hier
By GéantRadio
Published on 24/06/2026 08:45
POLITIQUE

Dans un entretien accordé mercredi au directeur d’ACTUALITE.CD, Stanis Bujakera Tshiamala, Moïse Katumbi a choisi la clarté et la fermeté. L’opposant et président d’Ensemble pour la République a réagi aux attaques récurrentes de la coalition au pouvoir contre la Conférence épiscopale nationale du Congo, la CENCO. Sa position ne souffre d’aucune ambiguïté : l’Église catholique reste pour lui une institution centrale dans l’équilibre de la nation congolaise.

Dès l’entame, Katumbi a dénoncé avec vigueur ce qu’il appelle une « campagne de diabolisation ».  

« Il est absolument inadmissible d’assister à ce déferlement de critiques, à cette méchanceté organisée et à cette campagne de diabolisation contre l’Église catholique », a-t-il martelé. Pour lui, s’attaquer à l’épiscopat congolais revient à s’en prendre à une composante morale essentielle du pays. Il n’a pas hésité à qualifier la CENCO de « conscience de la Nation » et de « boussole dans la tempête ». Des mots forts, qui replacent l’Église dans son rôle d’arbitre social et de voix critique face aux dérives du pouvoir.

L’ancien gouverneur du Katanga est ensuite revenu sur la méthode qu’il prête au régime Tshisekedi face à toute contradiction. Il y voit un réflexe systématique : réduire au silence toute voix discordante en l’accusant de trahison.  

« Dès que vous osez exprimer un avis contraire, vous êtes immédiatement taxé de complicité avec l’agresseur, traité d’antipatriote. C’est lâche et dangereux », a-t-il lancé. Une critique directe contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire dans le débat public.

Avec une pointe d’ironie, Katumbi a rappelé le rôle historique joué par l’Église catholique lors du processus d’alternance politique. Pour lui, il existe un paradoxe frappant entre la gratitude que devrait inspirer ce passé et l’hostilité actuelle.  

« Cette même Église s’est tenue debout pour arracher l’alternance pacifique dont profitent aujourd’hui ceux-là mêmes qui l’insultent », a-t-il souligné. Un rappel historique destiné à remettre en perspective les tensions actuelles entre l’État et la hiérarchie catholique.

Le sujet du changement constitutionnel a ensuite fait monter la température de l’échange. Interrogé sur les rumeurs persistantes d’une révision de la Loi fondamentale, Katumbi a haussé le ton et promis une opposition sans compromis.  

« Nous ne laisserons pas une poignée d’individus prendre en otage tout un peuple pour tripatouiller la Constitution », a-t-il déclaré. Il décrit la Constitution comme le socle fragile mais précieux de la démocratie congolaise, « le fruit du sang, des larmes et du consensus ». Autrement dit, un patrimoine collectif qui ne saurait être manipulé pour des intérêts partisans.

Dans son réquisitoire, l’opposant vise directement le président Félix Tshisekedi et sa majorité. Il les accuse de vouloir « s’accrocher indéfiniment au pouvoir malgré un bilan catastrophique ». Une attaque frontale qui place le débat constitutionnel au cœur de l’affrontement politique entre le pouvoir et l’opposition.

En conclusion, Moïse Katumbi a résumé sa position en deux formules choc, destinées à marquer les esprits.  

« Toucher à l’Église, c’est toucher au peuple. Toucher à la Constitution, c’est déclarer la guerre à la République ». Une phrase qui érige la CENCO et la Loi fondamentale en lignes rouges à ne pas franchir. Il promet, sans détour, d’y « faire barrage » si le pouvoir s’aventure sur ce terrain.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Kinshasa et la CENCO. Depuis plusieurs semaines, les évêques multiplient les mises en garde sur la gouvernance, la sécurité à l’Est et le risque de dérive institutionnelle. En retour, des cadres de l’Union sacrée ont durci le ton, accusant parfois l’Église de partialité politique.

Yves Sayo 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online