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CENCO vs Union sacrée : Les évêques accusés de « subversion » contre Tshisekedi
By GéantRadio
Published on 24/06/2026 07:25
POLITIQUE

La scène politique congolaise s’est de nouveau crispée ce mardi. Réunie dans la capitale, l’Union sacrée de la Nation, plateforme qui soutient le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a vivement réagi à la position exprimée trois jours plus tôt par la Conférence épiscopale nationale du Congo au sujet de la révision constitutionnelle.

C’est le député national Jean-Baudoin Mayo qui s’est chargé de porter la voix de la coalition. Dans une déclaration politique au ton ferme, il a dénoncé ce qu’il qualifie d’ingérence des évêques catholiques dans un débat qui relève, selon lui, du seul peuple souverain.  

L’Union sacrée reconnaît d’emblée le droit de tout Congolais à s’exprimer sur la réforme de la Loi fondamentale. Pour autant, la plateforme juge la prise de parole de la CENCO du 20 juin dernier excessive. Elle y voit davantage qu’une contribution au débat démocratique : un « acte de subversion » dirigé contre des institutions issues des urnes. 

Jean-Baudoin Mayo a pointé du doigt le vocabulaire employé par certains prélats. D’après lui, plusieurs passages de leur déclaration contiennent des formulations qui frôlent l’incitation au soulèvement populaire et au renversement de l’ordre constitutionnel établi. Une ligne rouge pour la majorité présidentielle.

La RDC se définit comme un État laïc, rappelle l’Union sacrée. Partant de ce principe, la plateforme estime que la CENCO a dépassé son cadre pastoral et moral. Intervenir directement dans un processus constitutionnel reviendrait à empiéter sur le terrain politique réservé aux citoyens et à leurs représentants. 

Pour l’Union sacrée, trancher sur l’avenir de la Constitution n’appartient qu’au peuple, via les mécanismes démocratiques prévus par la loi : débat parlementaire, référendum, consultations nationales. Aucune institution, fût-elle religieuse, ne peut se substituer à cette souveraineté populaire.  

Autre grief formulé par la majorité : une volonté supposée de monopoliser la parole publique. La plateforme accuse une partie de la hiérarchie catholique de vouloir confisquer la discussion nationale au profit d’une vision unique. 

Dans un passage particulièrement incisif, Jean-Baudoin Mayo a mis en cause des « accointances » entre certains évêques, l’ancien président Joseph Kabila, le président rwandais Paul Kagame et leurs alliés du M23. Pour l’Union sacrée, cette convergence d’intérêts discrédite la neutralité revendiquée par l’Église et jette un doute sur les motivations réelles de sa sortie.  

Au-delà de la critique, l’Union sacrée formule une demande claire : la retenue. Elle exhorte les évêques concernés à éviter toute surenchère verbale afin de ne pas compromettre le climat nécessaire à l’organisation d’un référendum apaisé. 

L’objectif, selon la plateforme, est de permettre aux Congolais de se prononcer librement sur leur avenir institutionnel, sans pression ni intimidation. La paix sociale et la stabilité du pays doivent, insiste-t-elle, primer sur les postures partisanes.  

La déclaration ne s’est pas limitée à la CENCO. L’Union sacrée a appelé toutes les institutions de la République à poursuivre leur mission : garantir l’unité nationale, défendre l’intégrité du territoire et restaurer la paix, en particulier dans l’Est du pays. 

S’adressant directement à la population, la plateforme a invité les Congolais à la vigilance. Elle les met en garde contre les « manipulations » et les discours de division, et les encourage à défendre la souveraineté nationale face aux ingérences extérieures comme intérieures. 

En conclusion, l’Union sacrée a réaffirmé sa position de fond : elle reste totalement favorable au changement de la Constitution. La plateforme considère cette réforme comme indispensable pour adapter la Loi fondamentale aux réalités actuelles du pays et renforcer la gouvernance.

Enfin, les membres de la coalition ont renouvelé leur confiance totale au président Félix Tshisekedi. Ils l’ont désigné comme « Haute Autorité politique » de l’Union sacrée, gage selon eux de cohérence et de leadership dans cette séquence politique sensible.

Ce bras de fer entre la majorité présidentielle et l’Église catholique s’inscrit désormais au cœur du débat sur la Constitution. La suite dépendra de la capacité des acteurs à maintenir un dialogue républicain, loin des escalades verbales.

Yves Sayo 

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