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Éditorial : Union Sacrée en crise, C64 en marche; Nshole confirme l’omerta dans les rangs du pouvoir
By GéantRadio
Published on 23/06/2026 09:16
POLITIQUE

Depuis un temps la Coalition C64 a cessé de chuchoter. Réunis au siège national du parti LGD de Matata Ponyo, ses membres ont sorti les gants. Le message est brut, assumé, presque chirurgical : rendez-vous le 8 juillet pour dire au locataire du Palais de la Nation que le bail est terminé. Motif ? Violation du serment prêté. 

Ce n’est plus de la rhétorique d’opposition. C’est un ultimatum politique. La C64 ne demande plus, elle convoque. Elle ne négocie plus, elle constate : le contrat moral entre le peuple et son président est rompu. Quand un serment devient lettre morte, la rue devient tribune. Le 8 juillet n’est donc pas une marche de plus. C’est la ligne rouge que la coalition trace devant la majorité.

Ironie du calendrier : pendant que C64 prépare la mobilisation, l’Union Sacrée de la Nation s’agite dans ses propres coulisses. Après la polémique sur la convocation de Mboso, le Secrétariat permanent reprend la main. Signé par le professeur André Mbata Betukumesu Mangu, Secrétaire permanent et porte-parole, le communiqué tombe : réunion du Présidium ce mardi 23 juin 2026 au Fleuve Congo Hôtel, 15h30 précises.

Sont conviés les présidents de partis et regroupements, députés nationaux, sénateurs, et autres personnalités de la coalition au pouvoir. L’ordre du jour reste confidentiel. on va parler vrai, et ça va piquer. Dans un contexte de turbulences, l’USN ne peut plus se contenter de communiqués de façade.

Le malaise n’est plus un secret. Mgr Nshole l’a dit sans détour : « Moi, personnellement, j’ai rendu visite à quelques évêques. Ils m’ont confié que même au sein de la majorité, certaines personnes ne soutiennent pas cette initiative de changement de la Constitution, mais qu’elles sont contraintes de se taire par crainte de représailles. » 

Voilà le cœur du problème. Une majorité qui avance à reculons, une base qui murmure mais ne crie pas, et une opposition qui, elle, a décidé de hausser le ton. Quand la peur remplace la conviction dans les rangs du pouvoir, le régime commence à se fissurer de l’intérieur.

La C64 l’a compris : un pouvoir qui gouverne par la crainte finit toujours par négocier avec la colère. Le 8 juillet sera le thermomètre. Soit la population répond et rappelle que la souveraineté appartient au peuple, soit le silence devient complice.

Entre la convocation de l’USN au Fleuve Congo Hôtel et l’appel de C64 à la rue, la semaine qui s’ouvre sent la poudre. D’un côté, des réunions à huis clos pour recoller les morceaux. De l’autre, un appel public à tourner la page. 

Le Président a prêté serment de protéger la Constitution, pas de la réécrire selon l’humeur du moment. Les Congolais, eux, n’ont prêté serment qu’à une chose : défendre la République. 

Yves Sayo 

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