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Trahison ou nettoyage ? L’UDPS livre la Force du Progrès au procureur général
By GéantRadio
Published on 22/06/2026 21:20
POLITIQUE

Dans un communiqué rendu public ce lundi 22 juin 2026, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, a officiellement saisi le procureur général près la Cour de cassation. L’objet de cette saisine : des actes de vandalisme, de violence et de trouble à l’ordre public attribués à des individus se réclamant de la « Force du Progrès ».

Cette démarche judiciaire marque une rupture nette entre le parti présidentiel et les dérives commises au nom d’une structure historique de son organisation de base.

1. Une plainte ciblée contre l’usurpation du nom et des emblèmes

Selon les informations communiquées par l’UDPS, la plainte vise spécifiquement les auteurs et complices des exactions survenues ces dernières semaines. Le parti dénonce l’instrumentalisation du nom et des symboles des « Forces du Progrès » par des personnes étrangères à son fonctionnement organique.

Créées à l’époque de la lutte démocratique sous la direction d’Étienne Tshisekedi, les Forces du Progrès constituent un mouvement de référence pour la mobilisation et la défense des idéaux du parti. L’UDPS rappelle que cette dénomination, tout comme ses emblèmes, bénéficie d’une valeur historique et politique qui ne saurait être détournée à des fins délinquantes.

En saisissant la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, l’UDPS entend obtenir l’interpellation, l’identification et la sanction de toute personne qui utiliserait frauduleusement son identité visuelle et son appellation pour couvrir des actes répréhensibles.

2. Rappel du rôle institutionnel de la « Force du Progrès »

Dans son communiqué, le parti présidentiel tient à recadrer la mission de cette structure. La « Force du Progrès » relève administrativement de la Ligue des Jeunes de l’UDPS. Son mandat est strictement défini : encadrer la jeunesse du parti et assurer la mobilisation politique dans le respect des lois de la République et des valeurs démocratiques.

L’UDPS insiste : aucune disposition statutaire n’autorise cette structure à poser des actes de violence, d’intimidation ou de destruction de biens publics et privés. Toute action contraire aux textes du parti engage uniquement la responsabilité individuelle de ses auteurs et ne lie en rien l’UDPS.

« Nous condamnons avec la dernière énergie tout acte de violence commis en notre nom. La Force du Progrès n’a pas vocation à semer le chaos, mais à construire l’adhésion citoyenne autour du projet de société du Chef de l’État », précise le parti.

3. La volonté de se désolidariser des « Kulunas » et autres groupes criminels

Un point central de la plainte porte sur l’infiltration de la dénomination « Force du Progrès » par des bandes criminelles. L’UDPS affirme que plusieurs groupes de « Kulunas » et autres délinquants urbains se revendiquent désormais de cette étiquette pour justifier leurs agissements et échapper aux poursuites.

Pour le parti, cette récupération constitue une double atteinte : elle salit l’image d’une organisation historique et elle crée une confusion dangereuse dans l’opinion publique. En portant plainte, l’UDPS veut établir une distinction claire entre ses militants encadrés et les réseaux criminels qui usurpent son identité.

La démarche vise donc à protéger à la fois l’intégrité du parti et la sécurité des citoyens. L’UDPS demande aux autorités compétentes de démanteler ces réseaux et d’empêcher toute nouvelle utilisation abusive de ses symboles.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette plainte revêt une portée politique. À quelques mois des grands rendez-vous électoraux et dans un contexte sécuritaire sensible, l’UDPS envoie un message de fermeté : zéro tolérance pour la violence politique.

Le parti présidentiel réaffirme son attachement à l’État de droit et à la non-violence comme mode d’action. En choisissant la voie des tribunaux plutôt que celle de la confrontation, l’UDPS cherche à donner l’exemple et à responsabiliser l’ensemble des acteurs politiques et sociaux.

Cette action vise également à rassurer la population de Kinshasa, Lubumbashi et des autres grandes villes où des incidents ont été signalés. L’UDPS veut démontrer qu’elle est capable d’auto-discipline et qu’elle ne protègera aucun de ses membres qui violerait la loi.

En déposant cette plainte, l’UDPS ouvre une nouvelle séquence. Sur le plan juridique, le procureur général près la Cour de cassation est désormais saisi pour déterminer les responsabilités et engager les poursuites nécessaires. Sur le plan politique, le parti engage un travail interne de clarification et de recadrage de ses structures de base.

L’enjeu est de taille : préserver l’héritage des Forces du Progrès tout en garantissant que ce nom ne serve plus de paravent à l’impunité. Pour l’UDPS, il s’agit de défendre à la fois sa mémoire historique et sa crédibilité institutionnelle.

Yves Sayo 

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