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“Haute trahison” : l’opposition C64 fixe la date pour réclamer la démission du Président
By GéantRadio
Published on 16/06/2026 18:42
POLITIQUE

La tension politique monte d’un cran en RDC. La coalition de l’opposition C64 a annoncé ce lundi l’organisation d’une grande marche pacifique le mardi 8 juillet 2026. Objectif affiché : rallier le Palais de la Nation, siège de la Présidence, pour exiger publiquement la démission du Président Félix Tshisekedi, accusé de “haute trahison.  

Dans un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion de son présidium, la C64 justifie sa mobilisation par ce qu’elle qualifie de “dérives institutionnelles répétées” et de “compromissions mettant en danger la souveraineté nationale”. Le chef de file de la coalition a précisé que la manifestation n’a pas pour but de troubler l’ordre public, mais de faire entendre la voix d’une partie de l’opposition qui estime que le mandat actuel a franchi une ligne rouge.  

Selon les organisateurs, le point de rassemblement sera fixé dans les prochains jours en concertation avec les autorités urbaines de Kinshasa. Le cortège devra ensuite traverser plusieurs artères de la capitale avant de converger vers le Palais de la Nation, à la Gombe. La C64 insiste sur le caractère “républicain et non-violent” de l’action. Des équipes de volontaires seront déployées pour encadrer les manifestants et éviter les débordements.  

Le terme “trahison” revient comme le fil conducteur du discours de la C64. Sans détailler l’ensemble des griefs dans ce premier communiqué, la coalition évoque des décisions jugées contraires à l’intérêt supérieur de la nation. Pour les signataires, la démission du Président apparaît comme l’unique issue pour “préserver l’unité nationale et restaurer la confiance des Congolais dans leurs institutions”. Cette qualification juridique et politique de trahison risque d’alimenter les débats dans les jours à venir. 

Cette annonce intervient dans un climat déjà marqué par des divergences profondes entre le pouvoir et une frange de l’opposition sur plusieurs dossiers : gouvernance, sécurité à l’Est, processus électoral et gestion des ressources. La C64, qui regroupe plusieurs partis et mouvements citoyens, cherche à transformer la contestation en force de rue. Le choix du 8 juillet n’est pas anodin : il intervient en pleine semaine parlementaire et à quelques mois d’échéances politiques majeures.  

Côté pouvoir, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée au moment de la publication de cet article. Les autorités provinciales de Kinshasa auront désormais la responsabilité d’encadrer la marche conformément à la loi sur les manifestations publiques. Le test sera double : garantir la liberté de manifester tout en préservant l’ordre public autour d’un site hautement sécurisé comme le Palais de la Nation.  

En droit congolais, la démission du Président de la République est un acte volontaire. La Constitution prévoit des procédures précises de mise en accusation devant le Parlement réuni en Congrès, notamment pour haute trahison. La C64 semble miser sur la pression populaire pour ouvrir cette voie institutionnelle. Reste à savoir si la mobilisation du 8 juillet atteindra l’ampleur escomptée pour peser dans le rapport de forces.  

Les stratèges de l’opposition gardent une part de mystère sur la suite. La C64 laisse entendre que d’autres actions pourraient suivre si sa demande reste sans réponse. Pour les observateurs, cette marche sera un baromètre : elle permettra de mesurer le niveau de crispation politique, la réponse des forces de l’ordre, et l’écho de l’accusation de trahison auprès de l’opinion.

En attendant, tous les regards sont tournés vers Kinshasa. Le 8 juillet pourrait devenir une date charnière dans le bras de fer entre le pouvoir en place et l’opposition C64. La rédaction suivra l’évolution de la situation et les réactions des différents acteurs politiques et de la société civile.

Yves Sayo 

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